La flambée des prix des carburants incite les Français à rechercher des alternatives pour réduire leurs dépenses. Le covoiturage apparaît comme une option séduisante, mais la réalité du marché révèle des disparités entre l’offre et la demande. Nicolas Brusson, directeur général de BlaBlaCar, a partagé ces observations lors de son intervention sur RMC le 11 mai.
EN BREF
- Augmentation de l’offre de covoiturage de 20% parmi les utilisateurs existants.
- La demande de passagers reste faible, malgré une légère hausse.
- Propositions de mesures pour soutenir le covoiturage du quotidien.
Face à la hausse des coûts de l’essence et du diesel, de nombreux automobilistes choisissent de recourir au covoiturage. Selon les chiffres avancés par Nicolas Brusson, il y a eu une augmentation de 20% des utilisateurs existants de BlaBlaCar et 40% de nouveaux utilisateurs, notamment pour le pont du 1er mai. Cependant, cette dynamique n’est pas totalement équilibrée par une demande croissante de passagers.
« On observe une augmentation de l’offre alors que la demande passager évolue légèrement, mais pas de manière massive », a précisé Nicolas Brusson. Si les conducteurs cherchent à partager les frais de trajet, la recherche de passagers s’avère plus complexe. La tendance actuelle montre que les voyageurs, tout en cherchant à faire des économies, optent pour des distances plus courtes, avec une réduction de 10% des trajets pour le pont du 1er mai.
Ce comportement témoigne d’un changement dans les habitudes de voyage des Français. En effet, le réflexe de recourir à BlaBlaCar est de plus en plus courant pour ceux qui doivent prendre leur voiture, mais le passage à l’acte est freiné par des considérations budgétaires. « Les gens font des distances plus courtes », souligne Brusson, ajoutant qu’il n’y a pas de hausse significative dans l’utilisation des trains, une alternative souvent envisagée.
En ce qui concerne le covoiturage quotidien, qui pourrait soulager les usagers des transports publics dans leur trajet domicile-travail, la situation est plus délicate. Nicolas Brusson appelle à une intervention des pouvoirs publics pour stimuler ce mode de transport. « Cela n’avance pas naturellement », a-t-il souligné, mettant en lumière la nécessité d’un soutien institutionnel.
Pour encourager ce changement, une proposition a été faite : réactiver une fiche de Certificat d’économie d’énergie (CEE) qui permettrait de reverser plus de 10 millions d’euros aux automobilistes, offrant ainsi une aide de 40 euros par personne, soit l’équivalent d’un demi-plein de carburant.
« Soit on retire complètement ces CEE, soit si on les garde, on les utilise de manière pragmatique pour reverser immédiatement aux automobilistes une contribution », a ajouté Nicolas Brusson. Ce soutien pourrait être un moyen de compenser la colère de certaines catégories de transport, comme les taxis et VTC, qui se sentent actuellement laissées pour compte dans les discussions sur l’aide au carburant, notamment en raison du blocage du détroit d’Ormuz.
Il est évident que les fluctuations des prix du carburant ont un impact direct sur les comportements des consommateurs. Reste à voir si les mesures proposées par BlaBlaCar et les attentes des utilisateurs parviendront à rétablir l’équilibre entre offre et demande dans le domaine du covoiturage.