Le docteur Ducanda appelle à interdire les smartphones aux moins de 15 ans

La question de la surexposition des enfants aux écrans est au cœur des préoccupations du docteur Anne-Lise Ducanda, médecin en protection maternelle et infantile. Dans un contexte où les comportements addictifs se multiplient, elle s’engage à sensibiliser le public sur les dangers que représentent les écrans pour le développement des jeunes.

EN BREF

  • Le docteur Ducanda alerte sur les dangers de la surexposition aux écrans.
  • Les effets néfastes sur le développement des enfants sont de plus en plus visibles.
  • Elle appelle à interdire le smartphone avant 15 ans pour protéger les jeunes.

Les écrans, omniprésents dans notre société, sont devenus un enjeu majeur de santé publique, particulièrement pour les jeunes générations. Selon le docteur Ducanda, ces dispositifs sont conçus pour être addictifs, sollicitant une forme d’attention réflexe qui peut rapidement conduire à des comportements problématiques.

« Les écrans offrent au cerveau humain ce qu’il adore : le maximum de plaisir avec un minimum d’effort », explique-t-elle. Ce mécanisme d’addiction, qui stimule le circuit de la récompense, conduit à une recherche incessante de gratification, augmentant ainsi le temps passé devant les écrans.

Les conséquences sur le développement des enfants

Les conséquences de cette addiction sont alarmantes. Le docteur Ducanda travaille avec des enfants âgés de 11 mois à 18 ans, et elle observe des retards de développement sur de nombreux aspects. « L’interaction humaine est essentielle pour le développement des tout-petits. Un bébé grandit à travers le regard de ses parents, et l’exposition prolongée aux écrans nuit à cette dynamique », précise-t-elle.

Les symptômes de cette surexposition se manifestent par des retards intellectuels, des troubles de la motricité, mais aussi des difficultés liées au langage. Ces problèmes ne se limitent pas aux plus jeunes. Les adolescents souffrent également de l’anxiété, des troubles du sommeil et d’une sédentarité préoccupante, qui peut avoir des conséquences graves sur leur santé physique et mentale.

L’impact du confinement sur l’addiction aux écrans

La crise sanitaire liée à la Covid-19 a exacerbé cette situation. Le télétravail et l’école à distance ont entraîné une augmentation significative du temps passé sur les écrans. « Pendant le confinement, nous avons vu une généralisation de l’utilisation des écrans, et beaucoup d’enfants sont devenus accros », rappelle le docteur Ducanda.

Elle souligne que les parents se retrouvent souvent dans une position délicate, essayant de jongler entre leurs responsabilités professionnelles et l’éducation de leurs enfants. « Beaucoup de parents ne peuvent pas faire autrement que de recourir aux tablettes pour s’occuper de leurs enfants », admet-elle. Cependant, des solutions existent, et des discussions doivent être engagées pour sensibiliser davantage les familles.

Vers une prise de conscience collective

Le débat public autour de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et de l’usage des smartphones dans les établissements scolaires est en pleine effervescence. Le docteur Ducanda salue cette prise de conscience, qui pourrait ouvrir la voie à des changements législatifs significatifs. Elle évoque un rapport commandé par Emmanuel Macron, qui a rassemblé des experts sur ce sujet critique.

« Nous avons maintenant près de 9 000 études internationales qui montrent le lien entre la surexposition aux écrans et les retards de développement chez les jeunes, ainsi que leurs effets sur le bien-être des adolescents », explique-t-elle. Pour elle, il est urgent d’agir, non seulement par des lois, mais aussi via de véritables campagnes de sensibilisation.

Le docteur Ducanda fait partie du collectif Cose, qui prône une éducation adaptée à l’ère numérique et appelle à interdire le smartphone avant l’âge de 15 ans. « Nous avons besoin de lois, car les parents ne peuvent pas gérer cette situation seuls », conclut-elle. L’enjeu est de taille : il s’agit de protéger les futures générations des dangers d’une addiction qui pourrait avoir des conséquences durables sur leur développement et leur bien-être.