Le fish and chips britannique en péril face à la montée des prix et la guerre

Le traditionnel plat britannique de fish and chips se retrouve aujourd’hui menacé par des hausses de coûts sans précédent, exacerbées par les conflits au Moyen-Orient et les répercussions de la guerre en Ukraine. Alors que la période de Pâques approche, les restaurateurs craignent une baisse de la consommation en raison des prix élevés de l’énergie et des matières premières.

EN BREF

  • La guerre au Moyen-Orient entraîne une hausse des coûts du carburant et des ingrédients.
  • Les restaurateurs s’inquiètent d’une baisse de la consommation de fish and chips.
  • Des alternatives moins coûteuses sont envisagées pour maintenir les prix.

Avant le début des conflits au Moyen-Orient, le capitaine Peter Bruce, un pêcheur basé à Peterhead en Écosse, dépensait environ 5.000 livres pour le diesel lors de ses missions en mer du Nord. Aujourd’hui, ce coût a doublé, atteignant 10.000 livres lors de son dernier voyage. Ces augmentations de coûts risquent de dépasser les 100.000 livres sur l’année, ce qui pourrait se répercuter sur le prix du poisson, traditionnellement vendu aux enchères sur l’un des principaux marchés du Royaume-Uni.

Un autre restaurateur, Andrew Crook, président de la Fédération nationale des vendeurs de poisson frit (NFFF), souligne que les clients sont souvent deux fois plus nombreux durant la période de Pâques, notamment le Vendredi saint. Cependant, il exprime ses inquiétudes face à la pression croissante exercée par les coûts des ingrédients et l’énergie. Les prix du poisson, déjà en hausse, ajoutent à la complexité de la situation.

Les difficultés ne se limitent pas à la guerre au Moyen-Orient. Les professionnels du secteur doivent également composer avec des règles strictes en matière de pêche, mises en place pour préserver les espèces maritimes, et les répercussions de la guerre en Ukraine, qui a réduit l’approvisionnement en poisson de 30 à 40% dans le pays. Ces éléments ont déjà conduit à des hausses de prix par le passé.

En 2022, une pénurie d’huile de tournesol, dont l’Ukraine était le premier exportateur mondial, avait déjà suscité des inquiétudes. Aujourd’hui, c’est la montée des prix de l’huile de friture et des engrais, dont 30% de la production mondiale transite normalement par le détroit d’Ormuz, qui agite les restaurateurs. Cette situation pourrait également entraîner une hausse des prix de la pomme de terre, un ingrédient essentiel du fish and chips.

Face à cette crise, Andrew Crook affirme que les restaurateurs cherchent des solutions pour éviter d’augmenter leurs prix. Cela inclut le remplacement de poissons traditionnels par des variétés moins coûteuses, comme le colin d’Amérique du Nord ou le merlu d’Afrique du Sud, ainsi que la réduction des portions servies. « Nous essayons de protéger les consommateurs », déclare-t-il, tout en précisant qu’il ne souhaite pas augmenter ses tarifs pour l’instant.

Le fish and chips, plat emblématique britannique depuis les années 1860, est davantage qu’un simple repas : il incarne une culture et une tradition. Alors que les consommateurs s’inquiètent des prix, les acteurs de cette filière doivent faire face à des défis sans précédent. La pérennité de ce plat populaire est désormais en jeu, alors que les restaurateurs tentent de naviguer dans un paysage économique en mutation rapide.