Le FLNC menace les non-Corses : l’autonomie rejetée et une enquête ouverte

Le Front de libération nationale corse – Union des combattants (FLNC-UC) a publié un communiqué cinglant ce 6 août 2026, dénonçant le projet d’autonomie pour la Corse, ainsi que les non-Corses s’installant sur l’île. Dans ce contexte tendu, le parquet antiterroriste a décidé d’ouvrir une enquête.

EN BREF

  • Le FLNC rejette le projet d’autonomie pour la Corse, considéré comme une « mascarade ».
  • Le groupuscule menace les non-Corses vivant sur l’île, qualifiés de « colonisateurs ».
  • Une enquête antiterroriste a été ouverte suite à ces déclarations.

Lors d’une conférence de presse clandestine, une quinzaine d’hommes cagoulés et armés ont exprimé leur rejet du processus d’autonomie actuellement en discussion. Selon eux, ce projet, validé par l’Assemblée nationale le 23 juin, vise à « nier l’existence de notre peuple » et à renier des décennies de revendications. Ils ont également annoncé être « déjà dans l’après-Beauvau », en référence à des précédentes luttes politiques.

Les membres du FLNC-UC se sont attaqués non seulement aux partis nationalistes tels que Femu a Corsica et Core in Fronte, mais aussi à ceux qu’ils appellent des « manipulateurs haut placés » et à des groupes financiers corses. Ils dénoncent une « duperie sans précédent » de la part de ceux qui soutiennent l’autonomie tout en prétendant représenter le mouvement national.

Plus provocateurs, ils désignent également l’afflux de « près de 5 000 étrangers » chaque année sur l’île, en grande majorité des Français. Le FLNC s’inquiète de ce qu’ils perçoivent comme une « colonisation de peuplement galopante », exacerbée par l’augmentation des résidences secondaires. Ils affirment qu’accepter des textes constitutionnels qui favoriseraient cette situation serait une « grave faute politique ».

Dans leur discours, le FLNC a lancé un message clair : « Restez chez vous et, dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national. » Cette menace ouverte témoigne d’un climat de tension croissant sur l’île, où l’identité corse est devenue un enjeu central.

Malgré cette posture radicale, le FLNC affirme vouloir « jouer pleinement son rôle » en soutenant des initiatives de paix. Cette ambivalence souligne la complexité du mouvement, qui a connu de multiples scissions et recompositions depuis sa création en 1976. La dernière série d’attaques revendiquées par le FLNC remonte à octobre 2023, avec 45 explosifs posés, ciblant principalement des résidences secondaires, sans faire de blessés.

En conclusion, la situation en Corse est marquée par des tensions croissantes entre les aspirations à l’autonomie et les revendications identitaires, exacerbées par des menaces directes à l’encontre des non-Corses. Alors que le débat sur l’autonomie se poursuit, les actions du FLNC révèlent les fractures profondes de la société corse.