Le FMI prévoit une croissance mondiale limitée et une inflation accrue en raison de la guerre en Iran

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des bombardements israélo-américains sur l’Iran, a des répercussions économiques significatives à l’échelle mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) a présenté, le 14 avril 2026, un rapport annonçant une révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale et une augmentation de l’inflation pour l’année en cours. Pierre-Olivier Gourinchas, chef-économiste du FMI, a détaillé les conséquences de ce conflit sur l’économie mondiale.

EN BREF

  • Prévisions de croissance mondiale abaissées à 3,1% en 2026.
  • Inflation mondiale attendue à 4,4%, en hausse par rapport aux prévisions précédentes.
  • Impact inégal des effets de la guerre selon les régions du monde.

Les projections du FMI ont été révisées à la baisse en raison du conflit en cours. Initialement, l’institution s’attendait à une amélioration de la croissance, mais la situation actuelle a conduit à une réévaluation. Le FMI table désormais sur une croissance de 3,1%, contre 3,3% prévue en janvier. Dans un scénario pessimiste, la croissance pourrait tomber à 2%, un chiffre exceptionnellement bas pour l’économie mondiale.

M. Gourinchas a précisé que ces prévisions se basaient sur l’hypothèse d’un conflit de courte durée, avec des perturbations temporaires sur le marché de l’énergie. Cependant, si la guerre s’éternise, les impacts économiques pourraient se révéler désastreux.

En ce qui concerne l’inflation, le FMI a également revu à la hausse ses estimations, prévoyant une augmentation des prix de 4,4% en moyenne dans le monde, soit une hausse de 0,6 point par rapport aux prévisions antérieures. Cette flambée des prix est largement attribuée à la hausse des coûts de l’énergie, exacerbée par le conflit.

Les effets de cette guerre ne se répartissent pas de manière uniforme. La région du Moyen-Orient, ainsi que l’Afrique du Nord et l’Asie centrale, subissent les conséquences les plus sévères, avec une croissance divisée par deux par rapport aux prévisions précédentes. L’Arabie saoudite, par exemple, voit sa croissance révisée à la baisse à 3,1%, soit une diminution significative de 1,4 point.

À l’inverse, certains pays émergents semblent moins touchés. La Chine, par exemple, ne perd que 0,1 point de croissance, atteignant 4,4%. L’Inde, quant à elle, a vu ses prévisions de croissance augmenter de 0,1 point, atteignant 6,5%. Le Brésil connaît également une légère amélioration avec une croissance révisée à 1,9%, en hausse de 0,3 point.

La Russie, pour sa part, profite de la hausse des prix du pétrole, entraînant une révision de sa croissance à 1,1%, contre 0,8% précédemment. Pour Moscou, cette situation représente une opportunité en matière de revenus issus des exportations, ce qui a conduit le FMI à ajuster ses prévisions à la hausse.

Dans le cadre des économies avancées, les États-Unis semblent mieux résister à cette crise, avec une croissance attendue de 2,3%, légèrement inférieure à la projection antérieure. En revanche, le Royaume-Uni est le pays le plus affecté parmi les économies avancées, avec une prévision de croissance de seulement 0,8%, en baisse de 0,5 point.

La zone euro, quant à elle, doit faire face à une révision de ses prévisions de croissance à la baisse, atteignant 1,1%. La France, cependant, est moins touchée que d’autres pays européens, avec une diminution modeste de 0,1 point, portant sa croissance à 0,9%.

Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’ampleur des conséquences économiques de ce conflit, tant pour les pays directement touchés que pour ceux qui, comme les États-Unis, semblent pour l’instant en mesure de mieux résister aux turbulences économiques.