Le général Ghislain Réty, figure emblématique du GIGN, a récemment publié un livre intitulé Ce que le GIGN m’a appris, aux éditions Albin Michel. Dans cet ouvrage, il revient sur ses 34 années de service, dont 17 passées au sein de l’unité d’élite de la gendarmerie nationale. Le général, qui a quitté le commandement du GIGN en 2025, partage ses réflexions et enseignements, non pas comme un simple récit de ses exploits, mais comme une introspection sur les valeurs qu’il a acquises.
EN BREF
- Le général Réty publie un livre sur ses expériences au GIGN.
- Il évoque l’importance de l’écoute et de l’humilité dans le commandement.
- Le livre aborde des thèmes comme l’anticipation et le devoir de mémoire.
Lors de son interview, le général Réty a expliqué que l’écriture de ce livre était motivée par un besoin de transmettre ce qu’il a appris au fil des ans. Cette démarche s’inscrit dans un processus d’introspection où il tente de comprendre comment ses expériences ont façonné son caractère et sa vision du monde. « Ce que 17 ans au GIGN et 34 ans en gendarmerie m’ont permis de comprendre, je souhaite le partager modestement », a-t-il déclaré.
Parmi les leçons essentielles que le général souhaite transmettre, l’écoute occupait une place prépondérante. Selon lui, un bon commandant ne peut pas se fier uniquement à ses propres jugements, mais doit s’appuyer sur l’expertise de son équipe. « Même le dernier arrivé a quelque chose à dire », affirme-t-il, soulignant l’importance de donner la parole à chacun.
Le général Réty a également introduit un concept clé dans son livre : l’anticipation. Il rappelle une mission emblématique réalisée en Ukraine peu avant le début de l’invasion russe en février 2022. À cette époque, ses équipes avaient perçu des signaux faibles indiquant que l’ambassade de France n’était pas préparée à une évacuation. Cette expérience illustre parfaitement l’importance de la préparation face à l’incertitude.
Les réflexions du général ne s’arrêtent pas là. Il aborde également des thèmes plus inattendus comme l’humilité et le doute. Il soutient que ces qualités sont indispensables pour quiconque désire servir au GIGN. « Si on ne doute pas, on ne peut pas être un bon membre de l’équipe », précise-t-il, insistant sur le fait que la confiance en soi doit toujours être tempérée par une dose d’humilité.
Un autre aspect marquant de son ouvrage est l’idée que l’amour et le respect pour ceux avec qui l’on travaille sont des piliers fondamentaux du commandement. « Vous ne pouvez pas diriger efficacement sans aimer profondément votre équipe », déclare-t-il, réaffirmant que la force d’une unité repose sur ces relations humaines.
Le général Réty ne cache pas non plus le poids des décisions difficiles qu’il a dû prendre au cours de sa carrière. Il évoque la douleur persistante que ressent un chef après la perte d’un subordonné lors d’une mission. « Chaque jour, je pense à ceux que nous avons perdus », confie-t-il, illustrant ainsi la solidarité et le lien qui unissent les membres du GIGN, même face à l’adversité.
Dans une interview, il a aussi été question des rituels commémoratifs qui aident les membres de l’unité à faire face aux pertes. « Ces moments solennels sont essentiels pour honorer la mémoire de ceux que nous avons perdus et pour renforcer notre cohésion », explique-t-il.
En somme, Ce que le GIGN m’a appris n’est pas qu’un simple récit d’aventures, mais une véritable leçon de vie, où le général Ghislain Réty partage ses valeurs, ses réflexions et ses émotions. Ce livre s’adresse non seulement aux passionnés de sécurité et de gendarmerie, mais aussi à toute personne désireuse de comprendre les dynamiques humaines au sein d’équipes d’élite.