Le jeudi 19 octobre, le gouvernement français a présenté une nouvelle stratégie destinée à améliorer l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Cette initiative, portée par le ministère du Travail, s’articule autour de plusieurs mesures concrètes qui ne nécessitent ni évolution législative ni fonds supplémentaires.
EN BREF
- Le gouvernement propose 15 mesures pour faciliter l’insertion des jeunes.
- Un nouvel indicateur, l’InserScore, sera créé pour évaluer les formations professionnelles.
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, veut faire de la jeunesse une priorité budgétaire pour 2027.
Ce plan découle d’un constat alarmant : malgré un taux de diplômés élevé en France, les jeunes mettent plus de temps à s’insérer dans le monde du travail par rapport à leurs homologues européens. De plus, la proportion de jeunes ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation, communément désignée sous l’acronyme NEET, reste préoccupante.
Les ministères impliqués, notamment ceux du Travail, de l’Enseignement supérieur, des Sports et de la Jeunesse, ont mené des consultations avec divers acteurs de l’insertion professionnelle, tels que France Travail, les missions locales et les écoles de la seconde chance. Cette démarche collaborative vise à adapter les solutions aux besoins réels du marché.
Les axes de la stratégie
La stratégie repose sur trois grands axes :
- Orienter les jeunes vers les métiers en demande, tels que ceux de la défense, du nucléaire et du secteur médico-social.
- Rapprocher les jeunes des entreprises, tout en renforçant la sécurité au travail.
- Anticiper les ruptures de parcours et fournir un accompagnement intensif aux jeunes en difficulté.
Ces annonces interviennent dans un contexte tragique, moins d’un mois après le décès d’un lycéen lors d’un stage dans le secteur du bâtiment. Cela souligne l’urgence de revoir les conditions de travail et d’encadrement des jeunes en stage.
Parmi les mesures phares, la création de l’InserScore se distingue. Cet indicateur évaluera les débouchés des formations professionnelles, en se basant sur le pourcentage de jeunes en emploi à l’issue de leur formation ainsi que sur leur salaire médian. L’objectif est d’aider les jeunes à faire des choix éclairés concernant leur orientation scolaire et professionnelle.
Le plan prévoit également de faciliter l’accès à des formations courtes et professionnalisantes pour les étudiants ou apprentis ayant interrompu leur parcours. Cela se fera via les préparations opérationnelles à l’emploi proposées par France Travail.
Valoriser les entreprises et accompagner les jeunes
Pour encourager les entreprises à proposer des jobs étudiants de qualité, une charte pourrait être signée pour valoriser les engagements de ces dernières. Parallèlement, une attention particulière sera portée aux jeunes NEET, avec la mise en place de stages et d’expériences professionnelles en collaboration avec les missions locales.
Le gouvernement souhaite également co-construire avec les branches professionnelles des parcours adaptés aux besoins spécifiques des territoires et des filières. Le mentorat et le parrainage seront renforcés, ciblant particulièrement les jeunes issus de l’Aide Sociale à l’Enfance ou ceux en situation de handicap.
Bien que ce plan puisse être mis en œuvre sans budget additionnel immédiat, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a exprimé son intention de faire de la jeunesse une priorité pour le budget de 2027. Cela pourrait marquer un tournant significatif dans la prise en charge des jeunes sur le marché du travail, en espérant réduire le nombre de NEET et en améliorant les conditions d’insertion professionnelle.