Une avancée significative dans la lutte contre la précarité menstruelle se matérialise. Ce vendredi 7 août, un arrêté publié au Journal officiel a établi les critères de remboursement partiel par la Sécurité sociale pour les protections périodiques réutilisables, qui entreront en vigueur à partir du 1er octobre. Cette initiative vise à améliorer l’accès à des produits menstruels plus durables et économiques pour les femmes les plus vulnérables.
EN BREF
- Les culottes menstruelles et coupes menstruelles seront remboursées dès octobre.
- Des critères stricts de fabrication et de distribution ont été établis.
- La mesure concerne principalement les femmes de moins de 26 ans en situation de précarité.
Les nouvelles régulations stipulent que les culottes menstruelles doivent se composer d’au moins trois couches. La première, en contact direct avec la peau, doit être faite de coton biologique, avec au moins 95 % de coton labellisé GOTS Organics ou de lyocell. La seconde couche doit être absorbante, tandis que la troisième doit avoir des propriétés imperméables pour éviter les fuites. Pour être référencés, les produits doivent également offrir une capacité d’absorption minimale de 20 ml et résister à au moins 52 cycles de lavage à 30 °C.
Les coupes menstruelles, quant à elles, doivent être fabriquées en silicone médical ou en TPE de grade médical, sans ajout d’ions d’argent ou de colorants. Les fabricants doivent proposer au moins deux tailles de coupe, l’une ayant une contenance inférieure ou égale à 20 ml, et l’autre pouvant contenir entre 20 et 30 ml. De plus, ces produits devront être disponibles en pharmacie pour être éligibles au remboursement.
Malgré ces mesures, certaines voix s’élèvent pour critiquer la légèreté des exigences imposées. Marion Goilav, cofondatrice d’Elia Lingerie, a fait part de ses réserves sur BFM Business, soulignant que les produits de sa marque résistent à 300 lavages, bien au-delà des 52 exigés par l’arrêté. Elle a également noté que la réglementation ne précise pas les matériaux absorbants, laissant ainsi la porte ouverte à l’utilisation potentielle de substances indésirables comme les PFAS.
Il est à noter que cette initiative de remboursement s’inscrit dans une promesse gouvernementale visant à lutter contre la précarité menstruelle. Selon une étude menée par l’association Dons Solidaires en novembre 2025, une femme sur dix aurait recours à des alternatives peu sûres pour la gestion de ses règles, comme de vieux vêtements ou du coton, en raison de contraintes financières.
La mesure de remboursement se concentrera principalement sur les femmes de moins de 26 ans bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), estimant toucher environ 6,7 millions de personnes. Avec cette nouvelle politique, l’exécutif espère réduire significativement les inégalités d’accès aux produits menstruels, contribuant ainsi à une meilleure santé et à un bien-être accru pour les femmes en situation précaire.
Ce cadre réglementaire représente une étape importante vers une meilleure reconnaissance et un soutien accru pour les femmes face à la précarité menstruelle, un sujet souvent tabou mais qui mérite une attention particulière dans notre société actuelle.