Le gouvernement envisage de relever à 80 ans l’âge d’exonération des cotisations pour aides à domicile

Le coût de l’aide à domicile pourrait connaître une augmentation significative pour certains seniors. D’après une information rapportée par Les Échos, l’exécutif français envisage de porter à 80 ans l’âge ouvrant droit à l’exonération de cotisations sociales pour l’emploi d’une aide à domicile. Actuellement fixé à 70 ans, ce seuil pourrait être modifié dans le cadre d’un projet de décret qui vise à recentrer ce dispositif sur les publics les plus vulnérables.

EN BREF

  • Le gouvernement projette de relever de 70 à 80 ans l’âge d’exonération de cotisations.
  • Cette mesure pourrait entraîner une hausse des coûts pour près de 350 000 seniors.
  • Les professionnels de l’aide à domicile s’inquiètent des conséquences sur l’emploi.

Cette révision est motivée par une volonté de l’exécutif de rendre l’exonération des cotisations plus juste et ciblée. Actuellement, elle est attribuée sans condition de ressources ou de dépendance, ce qui, selon l’entourage du ministre du Travail, ne permet pas d’orienter l’aide vers ceux qui en ont le plus besoin.

À l’heure où l’espérance de vie en bonne santé augmente, les pouvoirs publics jugent nécessaire de réviser les critères d’éligibilité. Les personnes bénéficiant d’allocations comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou la prestation de compensation du handicap (PCH) ne seront pas concernées par cette réforme, ce qui souligne l’intention de protéger les plus fragiles.

Ce changement de politique pourrait être adopté rapidement, permettant à l’État d’économiser environ 100 millions d’euros, selon la direction de la Sécurité sociale. Pourtant, cette mesure suscite des craintes parmi les professionnels de l’aide à domicile. Plusieurs organisations, telles que la Fepem et la Fesp, ont exprimé leur inquiétude dans une lettre au gouvernement.

Ces fédérations alertent sur les effets potentiellement dévastateurs d’un tel relèvement d’âge. Elles craignent que cette réforme n’entraîne une augmentation du coût pour les particuliers employeurs, qui pourrait atteindre 15 %, affectant ainsi environ 350 000 seniors utilisant ces services. En conséquence, certains employeurs pourraient être contraints de réduire le nombre d’heures déclarées ou même d’abandonner complètement l’aide à domicile.

La Fédération des particuliers employeurs évoque un risque de perte d’emplois et un développement du travail dissimulé, une situation qu’elle juge alarmante. Les estimations indiquent que la hausse des coûts pourrait représenter 2,5 à 3 euros supplémentaires par heure pour les particuliers concernés. Bien que ce surcoût puisse sembler modeste, il pourrait devenir difficile à supporter si les autres dispositifs de soutien ne sont pas maintenus.

Alors que le vieillissement de la population reste un enjeu central, cette réforme soulève des questions fondamentales sur la manière dont la société valorise l’aide à domicile et le soutien aux personnes âgées. Reste à voir si l’exécutif prendra en compte ces préoccupations avant de finaliser sa décision.