Le gouvernement français a annoncé jeudi une relance des appels d’offres pour développer l’éolien terrestre et en mer, ainsi que le photovoltaïque. Cette initiative, tant attendue par la filière, vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, dont les prix sont en forte hausse à cause des tensions géopolitiques actuelles.
EN BREF
- Relance des appels d’offres pour l’éolien et le photovoltaïque en France.
- Objectif de 60% d’énergie décarbonée d’ici 2030.
- Création de 120.000 emplois d’ici 2035 dans les énergies renouvelables.
Un tournant pour la politique énergétique
Lors d’une conférence de presse à Bercy, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a souligné l’importance de cette relance, la qualifiant de « pierre angulaire » de la stratégie énergétique du pays. Avec la guerre au Moyen-Orient, qui provoque une flambée des prix du pétrole et du gaz, le gouvernement vise à transformer la consommation d’énergie en France. L’objectif est de passer de 60% d’énergies fossiles à 60% d’énergies décarbonées d’ici 2030.
Cette démarche s’inscrit dans la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, dévoilée en février, et qui prévoit également un renforcement du nucléaire avec la construction de six réacteurs EPR2, le premier devant entrer en service en 2038. « Il faut agir sur le long terme pour réduire notre dépendance », a déclaré le ministre de l’Économie, Roland Lescure.
Des bénéfices économiques attendus
Les bénéfices économiques associés à cette stratégie sont significatifs. Selon Maud Bregeon, l’éolien en mer pourrait représenter environ 37 milliards d’euros en retombées économiques et industrielles. « C’est avant tout un investissement pour la France et pour les territoires », a-t-elle insisté. Les deux ministres ont également mentionné la création potentielle de 120.000 emplois supplémentaires d’ici 2035, dont 90.000 dans les énergies renouvelables.
Actuellement, la France importe pour 60 milliards d’euros d’énergies fossiles chaque année. Avec l’augmentation des prix, il est probable que ce montant dépasse cette année. En revanche, les prix de l’électricité en France restent parmi les plus bas d’Europe, ce qui est un atout majeur dans ce contexte.
Un objectif ambitieux pour l’éolien
Le gouvernement prévoit que les capacités installées en éolien atteignent 15 gigawatts (GW) d’ici 2035, contre seulement 2 GW actuellement. Pour cela, la relance des appels d’offres concerne une puissance cumulée d’environ 10 GW, répartie sur plusieurs sites maritimes, y compris Fécamp et Oléron. Ces projets incluent tant l’éolien posé, qui est relativement proche des côtes, que l’éolien flottant, qui pourra être installé plus au large.
La France aspire à devenir l’un des leaders européens et mondiaux dans le domaine de l’éolien flottant, avec un objectif de près de 6 GW en service à l’horizon 2040.
Optimisation du photovoltaïque
Sur le front du photovoltaïque, le gouvernement entend optimiser les dispositifs de soutien pour encourager l’autoconsommation, notamment collective, et favoriser la réimplantation de projets industriels de production de panneaux photovoltaïques en Europe. Pour l’éolien terrestre, l’accent sera mis sur le renouvellement des parcs existants, afin de concilier acceptabilité locale et compétitivité.
En conclusion, ces initiatives témoignent d’une volonté forte du gouvernement français de diversifier les sources d’énergie et d’assurer une transition énergétique efficace, tout en répondant aux défis économiques et environnementaux contemporains.