Les répercussions du conflit au Moyen-Orient se font ressentir jusqu’au Japon, où la pénurie d’encres de couleur menace l’industrie locale. Une situation alarmante qui pousse même des marques emblématiques à abandonner les emballages colorés au profit du noir et blanc.
EN BREF
- Calbee, une marque japonaise, cesse d’utiliser des emballages colorés.
- Les pénuries d’encres sont liées à la crise énergétique causée par le conflit au Moyen-Orient.
- Le gouvernement japonais utilise ses réserves stratégiques pour éviter une crise économique majeure.
Récemment, la marque de chips Calbee a annoncé qu’elle ne pourrait plus produire ses sachets colorés, habituellement reconnaissables par leurs teintes vives. À partir du 25 mai 2026, les paquets de chips seront livrés en noir et blanc, un changement qui affecte une quinzaine de produits. Cette décision s’explique par la difficulté croissante d’approvisionnement en encres de couleur, une situation qui touche également d’autres marques au Japon.
La crise actuelle est directement liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient, en particulier au blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport pétrolier. Le Japon, qui dépend largement des importations de pétrole pour sa production, voit ses livraisons diminuer considérablement, entraînant une augmentation des prix et des pénuries de matières premières essentielles, y compris le naphta, utilisé pour la fabrication d’encres et de pigments.
Dans ce contexte, les entreprises japonaises d’encres ont signalé leur incapacité à répondre aux demandes des grandes marques, forçant ainsi une transition vers des emballages monochromes. La baisse de disponibilité des encres de couleur est devenue un sujet de préoccupation majeur pour l’industrie, puisque les consommateurs japonais sont habitués aux visuels colorés sur les produits de consommation courante.
Pour compenser les effets de cette crise, le gouvernement japonais a mis en place des mesures d’urgence. Bien que les stations-service ne soient pas encore confrontées à des pénuries d’essence, le gouvernement a ouvert les vannes de ses réserves stratégiques de pétrole afin d’assurer un approvisionnement constant. Actuellement, l’État intervient financièrement pour maintenir le prix de l’essence à un niveau abordable pour la population, en subventionnant une partie du coût pour éviter une flambée des prix.
Cette politique, cependant, ne pourra pas se prolonger indéfiniment. Les coûts pour l’État sont considérables et les réserves stratégiques ne sont pas inépuisables. La situation reste donc précaire et pourrait évoluer vers une crise économique plus profonde si les tensions au Moyen-Orient persistent et si les approvisionnements continuent de se raréfier.
Ce phénomène met en lumière l’interconnexion des marchés mondiaux et comment des conflits lointains peuvent avoir des conséquences directes sur la vie quotidienne des consommateurs au Japon. Alors que la situation continue d’évoluer, beaucoup se demandent quelles seront les prochaines étapes pour l’industrie et les consommateurs japonais face à cette incertitude.