Le 2 mars 2026, le gouvernement libanais a pris une décision sans précédent en interdisant toutes les activités militaires du Hezbollah. Cette mesure fait suite à l’escalade des tensions entre le mouvement pro-iranien et Israël, qui ont entraîné le Liban dans un conflit régional plus large.
EN BREF
- Le gouvernement libanais interdit les activités militaires du Hezbollah.
- Israël a mené des frappes qui ont causé de nombreux morts et blessés.
- Les habitants fuient les zones touchées par les bombardements israéliens.
Cette décision a été annoncée par le Premier ministre Nawaf Salam après une réunion extraordinaire. Dans son allocution, il a exigé que le Hezbollah remette ses armes à l’État et se concentre uniquement sur des actions politiques. Cette proclamation intervient alors que les frappes israéliennes ciblent intensément les bastions du Hezbollah dans le sud du Liban et dans la banlieue de Beyrouth.
Les bombardements israéliens ont causé au moins 52 morts et 154 blessés, selon le ministère de la Santé libanais. De plus, plus de 28 500 personnes ont été déplacées, provoquant une crise humanitaire au sein du pays. Les images des destructions et des habitants fuyant leurs domiciles témoignent de l’ampleur de la violence.
Les frappes israéliennes, qui ont touché plus de 70 cibles liées au Hezbollah, ont également visé les bureaux d’Al-Qard al-Hassan, une société de microcrédits associée au mouvement. Le gouvernement israélien justifie ces actions comme une réponse à des tirs de missiles et de drones émanant du Hezbollah vers son territoire.
Ali Dib, un habitant fuyant le sud du Liban, a exprimé son désespoir sur X en disant : « Je suis avec ma fille, un bébé, dans la voiture depuis trois heures et demie… pourquoi? pour qui? ». De nombreux Libanais partagent son indignation face à l’implication du Hezbollah dans ce conflit, qui a ravivé des souvenirs traumatisants de la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a pris fin en novembre 2024.
La réaction du Hezbollah à la décision du gouvernement a été immédiate. Mohammad Raad, le chef du bloc parlementaire du mouvement, a dénoncé les « fanfaronnades du gouvernement », affirmant que les Libanais attendaient une décision qui aurait dû refléter un refus de l’agression israélienne. En réponse aux frappes israéliennes, le Hezbollah avait précédemment annoncé avoir lancé une « salve de missiles et un essaim de drones » sur une position militaire israélienne, affirmant agir en représailles pour la mort du guide iranien Ali Khamenei.
Les autorités judiciaires libanaises ont donné des instructions aux services de sécurité pour arrêter immédiatement les personnes responsables des tirs, avec l’intention de les traduire en justice. Cette décision souligne l’escalade des tensions internes au Liban, où le soutien au Hezbollah est de plus en plus remis en question par la population, qui souffre des conséquences directes de ce conflit.
Dans les quartiers touchés de Beyrouth, la situation est désastreuse. Des immeubles se sont effondrés, des appartements ont pris feu, et les habitants, pris de panique, fuient sans rien emporter. « Nous sommes sortis à la hâte, sans rien prendre, ni vêtements ni même nourriture pour ma fille », a confié Hassan, un propriétaire de café de 30 ans. Les récits de souffrance et de désespoir se multiplient alors que les Libanais se retrouvent piégés dans une violence qu’ils n’ont pas choisie.
Les frappes israéliennes ne montrent aucun signe de ralentissement. Selon le général Eyal Zamir, de l’armée israélienne, ces opérations pourraient persister pendant de « nombreux jours ». L’ambassade des États-Unis a également conseillé à ses ressortissants de quitter le Liban « immédiatement » tant que des options de vol commercial sont disponibles.
Face à cette situation complexe, le Hezbollah apparaît affaibli, notamment après son implication dans le conflit de Gaza qui a débuté en octobre 2023. Les tensions entre l’Iran, qui soutient le Hezbollah, et Israël continuent de se cristalliser, alors que les États-Unis et Israël cherchent à démanteler ce qu’ils appellent « l’axe de la résistance », comprenant des groupes armés en Syrie, au Yémen et en Irak.