Dans le petit village de Tréogan, situé dans les Côtes-d’Armor, l’étonnement et l’inquiétude s’entremêlent après l’arrestation de Matthis Ternel, le maire de cette commune de moins de 100 habitants. Âgé de seulement 27 ans, cet élu, en fonction depuis mars 2026, a été interpellé puis placé en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour des actes graves, notamment des viols et des agressions sur plusieurs victimes.
EN BREF
- Matthis Ternel, maire de Tréogan, est en détention pour viols et agressions.
- Il est soupçonné de diriger un groupe sectaire impliquant des échanges sexuels.
- Les révélations suscitent une grande inquiétude parmi les habitants du village.
Les accusations qui pèsent sur Matthis Ternel sont d’une gravité alarmante. Selon des informations rapportées par Ouest-France et confirmées par Le Télégramme, l’élu fait face à six chefs d’accusation, dont plusieurs concernent des viols, notamment sur des mineurs et des personnes vulnérables. L’enquête, qui est dirigée par un juge d’instruction à Toulon, a révélé l’existence d’au moins six victimes, dont une était âgée de 17 ans au moment des faits.
Outre les accusations de viol, le parquet de Toulon a mis en lumière des éléments troublants concernant la gestion d’un groupe jugé sectaire par les enquêteurs. Les participantes, qui se présentaient comme des adeptes de spiritualité, étaient amenées à croire qu’elles pouvaient accéder à un « cinquième palier d’instruction ultime » en suivant les enseignements de Ternel. Cette manipulation psychologique a débuté en 2022, suite à la plainte d’une étudiante de 21 ans en Mayenne, qui a rapporté avoir été menacée de mort si elle tentait de quitter le groupe.
Le système mis en place par Matthis Ternel semble avoir été soigneusement élaboré, lui permettant d’établir un contact avec ses victimes, allant jusqu’à des échanges à caractère sexuel. Lors de son interpellation, son téléphone a été saisi, ce qui pourrait fournir des preuves supplémentaires dans cette affaire.
Les accusations ne s’arrêtent pas là. Le parquet évoque également un « contrôle très intrusif » sur la vie personnelle et intime de certaines jeunes femmes, accompagnées de demandes de « dévotion totale ». Certaines d’entre elles auraient été amenées à le considérer comme « l’absolu » ou le « divin ». Les contributions financières exigées variaient de quelques centaines à près de 30 000 euros pour l’une des victimes présumées.
Matthis Ternel, qui a fait son arrivée en Centre-Bretagne il y a un peu plus de deux ans, se présentait comme un ingénieur freelance, mais plusieurs habitants du village avaient déjà des doutes sur sa véritable activité. Selon Ouest-France, il avait acquis plusieurs biens immobiliers dans la commune sans y réaliser de travaux, ce qui avait éveillé des soupçons parmi les riverains. Une ancienne élue locale a partagé ses doutes, déclarant : « On disait qu’il y avait quelque chose qui clochait. »
Depuis l’arrestation du maire, la vie dans le bourg a été marquée par une atmosphère de suspicion et d’incertitude. Une habitante a raconté : « On a vu les gendarmes dans le bourg mardi matin, avec des chiens… On se demandait ce qu’il se passait. Mais on était loin d’imaginer cela… »
Les conséquences de cette affaire préoccupent les habitants. Un ancien adjoint a exprimé son inquiétude : « Pour une petite commune comme la nôtre, c’est compliqué. Comment ça va se passer maintenant ?»
Matthis Ternel, toujours présumé innocent, a été présenté à un juge des libertés et a été placé en détention provisoire à Saint-Brieuc. Il devrait être transféré prochainement dans le Var pour la suite des investigations. L’élu conteste les faits qui lui sont reprochés, mais les révélations continuent de secouer la commune, laissant ses habitants dans l’incertitude et l’inquiétude.