Chaque jour, des tonnes de marc de café sont jetées, que ce soit dans l’évier ou au pied des plantes. Ce geste, souvent perçu comme un moyen d’apporter un engrais naturel, peut en réalité s’avérer néfaste pour le sol et les végétaux, en particulier les plus fragiles. Pourtant, utilisé judicieusement et déposé au bon endroit avant l’arrivée du printemps, le marc de café peut devenir un atout considérable pour votre potager et vos massifs.
EN BREF
- Le marc de café est riche en nutriments, mais son usage doit être dosé.
- Son incorporation dans le compost stimule les micro-organismes du sol.
- Utilisé au mauvais endroit, il peut nuire à la croissance des plantes.
Le marc de café, avec une concentration d’azote allant de 1 à 2 %, ainsi que des éléments comme le phosphore, le potassium, le magnésium et divers oligo-éléments, présente un rapport carbone/azote idéal pour nourrir les micro-organismes du sol. Avec un pH proche de 6,5 à 6,8, il améliore la structure du sol, favorisant l’aération et le drainage, bien plus qu’il ne nourrit directement les plantes.
Cependant, lorsque le marc est appliqué en trop grande quantité, les bactéries peuvent utiliser l’azote disponible pour dégrader le marc, entraînant une faim d’azote pour les racines. Ce phénomène, désigné par les chimistes comme une inhibition de croissance, peut mener à des semis qui peinent à lever ou stagnent. De plus, une application en surface et en couche épaisse peut créer une croûte hydrophobe, empêchant l’eau de pénétrer dans le sol.
Utilisation optimale du marc de café
Dans le compost, le marc de café joue le rôle d’activateur. En le mélangeant à environ trois parts de feuilles pour une part de tontes fraîches et une part de marc, on stimule les vers de terre et les microbes, à condition que son volume ne dépasse pas 10 à 20 % du total. Linda Brewer, spécialiste des sols de l’Oregon State University Extension Service, souligne l’importance de respecter ces dosages : « Les gens sont généralement trop enthousiastes. J’ai vu des bacs surélevés complètement ruinés par trop de café. C’est un bon amendement, mais le marc de café peut être utilisé à l’excès. »
Avant le mois de mars, il est également conseillé d’incorporer le marc de café dans les zones de culture prévues pour les semis de salades ou d’épinards. En le mélangeant finement aux 5 à 10 premiers centimètres du sol, vous permettez une transformation en humus stable au moment des semis. Pour éviter les moisissures, il est préférable de laisser sécher le marc avant de le stocker dans un récipient hermétique pendant une dizaine de jours.
Précautions à prendre
Il est crucial d’être attentif à l’application du marc de café. Une image parlante illustre bien ce danger : une personne qui vide chaque jour son filtre dans le même pot de ficus finit par constater que sa plante jaunit et dépérit. Le substrat s’est acidifié et tassé, privant les racines d’air. Le même problème survient avec un paillage épais au jardin : au-delà de 2 cm, le marc sec se compacte, créant une croûte imperméable qui empêche l’eau de rejoindre les racines.
Au pied des jeunes plants ou directement sur les semis, l’utilisation du marc de café peut entraîner des risques tels qu’une germination freinée et une famine d’azote. Pour contrôler les limaces, certains jardiniers utilisent également le café liquide. Une méthode prudente consiste à appliquer du café dilué sur quelques feuilles de test et d’attendre des jours chauds pour observer d’éventuels dégâts. Si aucune brulure ne se manifeste, il est possible de poursuivre la pulvérisation.
Les organismes comme l’ADEME rappellent que le marc de café reste avant tout un déchet organique à recycler, préférablement dans le compost ou le sol, plutôt que d’être utilisé de manière inappropriée. En respectant ces recommandations, vous pourrez tirer le meilleur parti de ce résidu quotidien et contribuer à la santé de votre jardin.