Le moral des enseignants en berne avant la rentrée scolaire 2026

À une semaine de la rentrée scolaire, le moral des enseignants est au plus bas. Selon le dernier baromètre de l’UNSA, dévoilé en exclusivité par RMC, près de 75 % des enseignants se disent inquiets pour l’avenir du système éducatif français. Ce constat alarmant reflète une crise profonde au sein de l’éducation nationale.

EN BREF

  • Quatre enseignants sur cinq s’inquiètent pour l’avenir du système éducatif.
  • 71 % se sentent peu respectés et reconnus dans leur métier.
  • Les conditions de travail se dégradent, avec un manque de moyens et de reconnaissance.

Elisabeth Allain Moreno, secrétaire générale du syndicat UNSA Éducation, souligne que les résultats de cette enquête sont sans précédent depuis qu’ils sont mesurés. « C’est la première fois en 14 ans que nous observons des chiffres aussi alarmants », déclare-t-elle.

Le sentiment de dévalorisation est palpable. Seuls 0,3 % des enseignants affirment avoir confiance en l’avenir du système éducatif. Margot, professeure dans un lycée de l’Est lyonnais, partage ce sentiment : « Je suis particulièrement inquiète pour mes collègues. L’inflation et les conditions climatiques rendent notre travail encore plus difficile. »

Les enseignants évoquent également une obsession croissante pour leur rémunération. « Bien que nous aimions notre métier, nous ne pouvons ignorer le fait que nos attentes en matière d’épanouissement au travail se détériorent », explique Allain Moreno. Cette frustration semble s’installer durablement dans le milieu éducatif.

Les causes de ce désespoir sont multiples. Le manque de reconnaissance, tant personnelle qu’institutionnelle, pèse lourd dans le quotidien des enseignants. D’après le baromètre, près de 60 % des personnels estiment que des moyens supplémentaires seraient essentiels pour améliorer leur situation.

Claire, professeure dans un collège de Normandie, témoigne des difficultés rencontrées pour mettre en place des projets éducatifs : « Nous avons de plus en plus de mal à obtenir des financements. Personnellement, j’ai été contrainte de financer moi-même des fournitures, comme une imprimante pour mes élèves malvoyants. » Cette situation illustre une réalité préoccupante : celle d’un système qui semble abandonner ses enseignants.

Les infrastructures vieillissantes des établissements scolaires constituent également un facteur aggravant. Avec plus de 50.000 bâtiments scolaires en France, beaucoup souffrent de problèmes de ventilation, d’amiante et d’autres dégradations. Ces conditions rendent difficile la motivation des enseignants, surtout à l’approche d’une année scolaire cruciale.

Cette rentrée s’annonce chargée sur le plan politique, avec les élections professionnelles en décembre et la présidentielle prévue en avril prochain. Allain Moreno met en garde : « Nous ne voulons pas que l’école devienne un enjeu de caricature électorale. » Les enseignants espèrent que leurs revendications ne seront pas reléguées au second plan dans le débat public.

Le risque d’un statu quo est réel, notamment en période électorale, où les décisions importantes se font rares. Malgré cette inquiétude, les syndicats restent déterminés à faire entendre leur voix. « Nous avons déjà réussi à obtenir des engagements par le passé, comme le dégel des grilles indiciaires. Nous espérons pouvoir mobiliser à nouveau le sujet de l’Éducation nationale lors de cette campagne », conclut Karen Embarque, secrétaire régionale de l’UNSA Éducation en Auvergne-Rhône-Alpes.

Les enseignants, malgré le découragement, continuent de croire en leur capacité à faire évoluer la situation. Ils sont prêts à prendre la parole pour défendre leur profession et le système éducatif français.