Le mystère des téléphones Garfield résolu : une expédition sur les plages bretonnes

Depuis plus de trois décennies, les plages bretonnes, notamment celles du Finistère, étaient le théâtre d’une énigme fascinante : des débris de téléphones à l’effigie de Garfield, le célèbre chat orange, s’échouaient régulièrement sur le littoral. Les bénévoles de l’association Ar Viltansoù, qui nettoient ces plages, n’avaient jusqu’alors pas d’explication à ce phénomène. Cependant, un souvenir d’un habitant local a permis de relancer l’enquête, révélant enfin l’origine de ces objets étranges.

EN BREF

  • Des téléphones Garfield se retrouvaient sur les plages bretonnes depuis plus de 30 ans.
  • Une expédition en 2019 a permis de découvrir un conteneur maritime responsable de ces déchets.
  • Le mystère du navire transportant le conteneur reste entier.

Ces téléphones, souvent retrouvés en morceaux, avaient suscité la curiosité des bénévoles qui, chaque semaine, ramassent divers déchets rejetés par la mer. Claire Simonin, présidente de l’association, mentionne que ces débris sont devenus une sorte de « signature » de leur travail.

Le tournant dans cette enquête a eu lieu en 2019, lorsque France Info a relayé l’histoire des téléphones Garfield. Un habitant a alors rappelé qu’il avait découvert, dans les années 1980, un conteneur éventré rempli de ces téléphones après une tempête. Ce souvenir a conduit les bénévoles à une expédition à la « faille aux chats », un endroit difficile d’accès, au pied d’une falaise à Plouarzel.

Ce 22 mars 2019, lors d’une marée particulièrement basse, les bénévoles ont pu accéder à la grotte. À l’intérieur, ils ont trouvé des combinaisons de téléphones et des fragments d’un conteneur maritime. Ce dernier, dont l’armature était encore reliée à des cordages, a donné une réponse à la question qui obsédait les habitants depuis tant d’années.

Malgré la découverte, un mystère persiste : l’identité du navire qui transportait ce conteneur. Fabien Boileau, directeur du Parc naturel marin d’Iroise, souligne qu’aucune information sur le navire n’est disponible, ni sur le nombre de conteneurs perdus en mer.

Ce phénomène d’objets perdus en mer n’est pas unique. En 2017, environ 1 390 conteneurs se sont échoués dans les océans, selon le World Shipping Council. Récemment, des histoires similaires, comme celles des 28 800 canards en plastique perdus en 1992, continuent de captiver l’attention.

Derrière ce mystère se cache également un problème environnemental. Les téléphones en plastique, en se décomposant, libèrent des morceaux dans l’océan. La pollution plastique représente un défi majeur, avec plus de 300 millions de tonnes produites chaque année.

Lors de l’expédition, un phoque protégé a été observé chassant à proximité, illustrant les dangers que la pollution plastique pose pour la faune marine. L’intérêt pour ces histoires de cargaisons perdues soulève des questions sur la gestion des déchets et la législation en vigueur concernant les objets échoués.

Les téléphones Garfield, malgré leur drôle d’histoire, sont devenus un symbole de la pollution marine pour les habitants du Finistère. Ce chat paresseux, qui a passé près de quarante ans au fond d’une grotte, rappelle à chacun l’importance de la préservation de nos côtes et des océans.