Le noyer, un arbre aux vertus méconnues et à la réputation malheureuse

Le noyer, cet arbre fruitier si commun en France, traîne depuis des siècles une réputation de « porte-malheur ». Bien que ses noix soient appréciées pour leurs vertus, des croyances anciennes lui attribuent des effets néfastes. Dans une analyse récente, l’expert Stanislas Alaguillaume explique les raisons de cette image défavorable et éclaire sur les réalités scientifiques qui l’entourent.

EN BREF

  • Le noyer est perçu comme un arbre maléfique depuis le Moyen Âge.
  • Il libère une substance chimique, la juglone, qui affecte d’autres plantes.
  • Malgré sa réputation, le noyer possède des qualités bénéfiques pour la santé.

Depuis le Moyen Âge, le noyer est associé à des superstitions. D’après Stanislas Alaguillaume, jardinier paysagiste, des croyances populaires affirment que « son ombre abrite les conciliabules des sorcières ». S’allonger sous cet arbre serait synonyme de nausées et de migraines. Cette réputation s’explique par plusieurs facteurs tangibles, qui, bien que liés à des phénomènes naturels, se sont transformés au fil du temps en mythes.

Tout d’abord, l’ombre dense que projette le noyer peut créer une fraîcheur marquée qui, après un effort au soleil, peut causer un refroidissement brutal. Ce dernier est parfois mal toléré par l’organisme, d’où l’idée que cet arbre est néfaste pour la santé. Mais la réalité est plus complexe.

En effet, la réputation malheureuse du noyer repose également sur une particularité chimique. L’arbre, appartenant à la famille des Juglandaceae, émet une substance herbicide nommée juglone. Cette molécule, présente dans les feuilles, les bourgeons, et même les racines, inhibe la germination de nombreuses plantes voisines, provoquant ainsi une certaine sélectivité au sein de l’écosystème où il évolue. Des plantes comme la pervenche ou la fraise des bois réussissent tout de même à prospérer à ses côtés, bénéficiant de l’ombre qu’il procure.

La juglone n’est pas seulement un mécanisme de défense contre les plantes concurrentes, mais elle agit aussi comme une stratégie pour éloigner certains nuisibles. Stanislas Alaguillaume précise que cette substance amère est libérée principalement après la pluie, rendant les périodes d’humidité peu propices à la détente sous le noyer.

Il est donc conseillé de ne pas composter les feuilles de noyer, en raison de leur capacité à inhiber la croissance d’autres végétaux. Pourtant, au-delà de cette réputation, le noyer est un arbre d’une grande valeur. Il se développe rapidement, nécessite un sol riche et un emplacement protégé du vent. Après environ quinze ans, il commence à produire des noix, dont les bienfaits pour la santé sont reconnus.

En définitive, le noyer, malgré son image de « porte-malheur », mérite d’être reconsidéré. Sa croissance et ses fruits offrent d’importants avantages, tant pour le jardinier que pour la biodiversité. Loin d’être un simple arbre maléfique, il incarne une richesse naturelle à préserver.