À l’occasion de son déplacement en France à la fin du mois d’octobre, le pape Léon XIV se rendra à Lourdes, où il prévoit une rencontre en privé avec sept victimes de violences sexuelles au sein de l’Église. Ce moment est décrit comme « particulièrement important » pour les victimes, qui ont exprimé leur gratitude dans un communiqué diffusé mardi.
EN BREF
- Le pape rencontrera sept victimes de violences sexuelles à Lourdes.
- Les participants ont préparé la rencontre pour aborder des questions essentielles.
- Cinq des sept victimes se sont déjà identifiées publiquement.
Les signataires du communiqué ont souligné l’importance de cette rencontre, précisant qu’ils ne constituent pas une délégation de l’Église. Ils souhaitent aborder des sujets cruciaux tout en respectant leurs diversités d’expérience. « Dialoguer ne signifie pas cautionner », ont-ils insisté, affirmant ainsi que cette réunion ne doit pas être interprétée comme une approbation des actions passées de l’Église.
La Conférence des évêques de France (CEF) a indiqué que le groupe de victimes reçu par le pape sera « représentatif » de la diversité des parcours. Ce groupe comprend des hommes et des femmes, des victimes mineures et majeures, ainsi que des personnes issues de différents territoires et lieux au sein de l’Église, qu’il s’agisse de l’enseignement catholique, de paroisses ou de congrégations.
Bien que l’identité des victimes n’ait pas été officiellement dévoilée par l’Église, cinq des sept participants ont choisi de se manifester publiquement. Parmi eux, Jean-Marie Delbos, victime de l’école Notre-Dame de Bétharram, a été le premier à médiatiser son cas en 2021. Plus de 200 élèves de cette institution ont porté plainte pour des violences physiques et sexuelles commises entre 1956 et le milieu des années 2000. Jean-Marie Delbos avait également témoigné après la publication d’un rapport révélant qu’environ 330 000 victimes de pédocriminalité étaient comptabilisées au sein de l’Église depuis 1950.
Véronique Garnier, une autre victime, a également annoncé sa présence. À l’âge de 13 ans, elle a été agressée par un prêtre de sa paroisse. Actuellement, elle occupe un rôle de coresponsable sur le diocèse d’Orléans pour un service de protection des mineurs et est membre de « Foi et Résilience », un collectif qui travaille en lien avec les évêques depuis 2018. Les deux autres participants ont préféré garder l’anonymat, bien qu’il ait été précisé qu’une victime de l’abbé Pierre, décédé en 2007 et accusé d’agressions sexuelles, sera également présente.
À dix jours de l’arrivée du pape, les victimes se disent déjà très sollicitées par les médias, mais elles ont choisi de ne pas communiquer davantage avant leur entretien avec Léon XIV. Ce rendez-vous représente une étape significative dans le dialogue entre l’Église et les victimes, offrant un espace pour des échanges qui pourraient contribuer à une prise de conscience et à des changements nécessaires au sein de l’institution.