Le Parlement européen propose des bagages cabine gratuits sur les vols low-cost

La question des bagages en cabine sur les vols low-cost est souvent source de confusion pour les passagers. Les règles diffèrent d’une compagnie à l’autre, rendant la préparation d’un voyage parfois complexe. Pour remédier à cette situation, le Parlement européen a récemment voté une proposition visant à renforcer les droits des passagers, en permettant l’embarquement gratuit d’un article personnel et d’un bagage à main sur les vols low-cost.

EN BREF

  • Le Parlement européen a voté pour des bagages cabine gratuits sur les vols low-cost.
  • Les passagers pourront embarquer un effet personnel et un bagage à main sans frais.
  • Cette mesure doit encore être approuvée par le Conseil européen avant son application.

Ce projet de loi, adopté fin janvier, vise à garantir aux passagers le droit d’emporter sans frais supplémentaires un « effet personnel », tel qu’un sac à main ou un ordinateur portable, ainsi qu’un bagage cabine de 7 kilos maximum. Les dimensions de ces bagages ne devront pas dépasser 40×30×15 cm pour l’article personnel et un total de 100 cm pour le bagage à main.

Cette initiative couvre tous les vols au départ ou à destination des aéroports de l’Union européenne, opérés par des compagnies basées dans l’UE. Ainsi, elle concerne non seulement les compagnies low-cost mais également les transporteurs traditionnels comme Air France et Lufthansa. L’objectif principal est d’harmoniser les pratiques au sein de l’UE, mettant fin à des stratégies commerciales où le prix initial du billet ne reflète pas le coût réel du voyage.

Des associations de défense des passagers soutiennent ardemment cette mesure, allant même jusqu’à plaider pour un bagage cabine gratuit pesant jusqu’à dix kilos. Toutefois, les compagnies aériennes low-cost, telles qu’Easyjet et Ryanair, expriment de vives inquiétudes face à cette proposition.

Les principales préoccupations des compagnies low-cost sont d’ordre économique. Leur modèle commercial repose en effet sur la facturation de services annexes, notamment les frais de bagages qui peuvent varier entre 15 et 50 euros. Ces revenus représentent environ 20 % de leur chiffre d’affaires et contribuent à leur compétitivité tarifaire. Par exemple, EasyJet a enregistré des recettes additionnelles dépassant 2,5 milliards de livres, soit environ 2,88 milliards d’euros, en l’espace d’une année.

Pour compenser les pertes financières engendrées par l’instauration de bagages gratuits, les compagnies pourraient être contraintes d’augmenter le prix de leurs billets, ce qui pourrait in fine impacter le consommateur. Les compagnies soulignent également que tous les voyageurs n’ont pas les mêmes besoins en matière de bagages, rendant difficile une facturation unique.

Un autre argument avancé par les compagnies concerne la gestion de l’espace à bord. Elles craignent que l’ajout d’un bagage supplémentaire par passager entraîne un manque de place pour les valises, ce qui pourrait obliger certaines d’entre elles à être placées en soute. Cette situation pourrait engendrer des retards, un aspect particulièrement problématique pour les compagnies low-cost, habituées à optimiser leur temps au sol.

Enfin, le surpoids des bagages pourrait entraîner des coûts indirects non négligeables. Par exemple, l’ajout d’un bagage supplémentaire de 7 kilos par passager pourrait significativement augmenter les dépenses de carburant, atteignant plusieurs dizaines de millions d’euros par an, ce qui pourrait nuire à la rentabilité des compagnies dans un secteur déjà très concurrentiel.

Quant à la mise en œuvre de cette mesure, bien qu’elle ait été votée par le Parlement européen, elle doit encore recevoir l’approbation du Conseil européen, qui représente les États membres. Pour l’heure, ce dernier semble adopter une position plus favorable aux compagnies aériennes. Des négociations sont actuellement en cours et pourraient aboutir à un accord d’ici mi-2026, sous la présidence danoise de l’Union européenne.

Si un accord est trouvé, la mise en œuvre de cette mesure pourrait intervenir aux alentours de 2027 ou 2028. À ce jour, aucune compagnie aérienne n’a encore modifié ses conditions de transport à la suite de ce vote.