Ce mercredi, le prix du gaz en Europe a atteint pour la première fois depuis quatre ans le seuil symbolique de 100 euros le mégawattheure. Cette hausse s’explique par divers facteurs, notamment la guerre au Moyen-Orient et des niveaux de stocks inférieurs à ceux observés l’an dernier à l’approche de l’hiver.
EN BREF
- Le prix du gaz dépasse 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis 2022.
- Les stocks de gaz européens sont inférieurs à ceux de l’an dernier, suscitant des inquiétudes.
- La guerre au Moyen-Orient intensifie la compétition pour l’approvisionnement en gaz.
La situation actuelle sur le marché du gaz révèle des tensions croissantes. En effet, la guerre au Moyen-Orient génère des appréhensions sur l’approvisionnement énergétique, notamment vis-à-vis de l’Iran, qui pourrait réagir à une éventuelle offensive militaire des États-Unis après les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Golfe sont particulièrement limitées, alors que le Qatar, principal producteur de gaz de la région, ne parvient à exporter qu’entre 20 et 30 % de sa capacité. Cette pénurie d’offre entraîne une compétition accrue entre les importateurs d’Asie et d’Europe pour attirer les cargaisons de GNL flexibles, qui ne sont pas sous contrat.
Des stocks européens préoccupants
À l’approche de l’hiver, les réserves de gaz en Europe suscitent des inquiétudes. Selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI), les stocks de l’Union européenne étaient remplis à seulement 74,93 % mardi, contre 82,91 % l’année dernière à la même date. Ce phénomène est particulièrement alarmant en Allemagne, le plus grand consommateur de gaz en Europe, qui affiche des niveaux de stockage à seulement 61,65 %.
La combinaison d’une demande accrue due à des températures plus basses que les normales saisonnières et d’une production éolienne très faible dans le nord-ouest de l’Europe accentue la pression sur les prix du gaz. Vers 15h55 (heure de Paris), le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne, s’élevait à 100,45 euros le mégawattheure, marquant une augmentation de plus de 250 % depuis le début de l’année.
Des perspectives incertaines
Bien que ce prix soit loin des sommets de la crise énergétique de mars 2022, où il avait atteint 345 euros le mégawattheure, la situation actuelle reste fragile. Selon l’analyste Norman Liebke de Commerzbank, un apaisement des tensions au Moyen-Orient pourrait faire retomber les prix à environ 50 euros le mégawattheure, sans pour autant revenir aux niveaux d’avant-guerre. De plus, l’offre en provenance du Qatar devrait rester contrainte jusqu’en 2028 en raison de la dégradation de son infrastructure énergétique, qui a subi des dommages significatifs.
Face à cette conjoncture, les acteurs du marché surveillent de près l’évolution des événements au Moyen-Orient et leurs implications sur la sécurité énergétique en Europe. La saison hivernale qui approche exacerbe encore davantage les enjeux liés à l’approvisionnement en gaz, ce qui pourrait conduire à des ajustements de prix significatifs dans les semaines à venir.