Le procès en appel de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier se déroulera à Lyon

Le procès en appel de Frédéric Péchier, ancien anesthésiste reconnu coupable de 30 empoisonnements de patients, dont 12 mortels, se tiendra à Lyon. Cette annonce a été faite par le parquet, précisant qu’une date n’a pas encore été fixée.

EN BREF

  • Frédéric Péchier a été condamné à perpétuité en décembre dernier.
  • La cour d’assises du Rhône a été désignée pour juger l’appel.
  • Les avocats de Péchier souhaitent un procès impartial loin de Besançon.

La décision de transférer le procès en appel à Lyon a été confirmée par le procureur général de Besançon. Ce choix fait suite à un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation, daté du 1er avril 2026. Il indique que le dossier sera transmis à la cour d’appel de Lyon, même si la date du procès n’est pas encore connue.

Frédéric Péchier, âgé de 54 ans, a été condamné en décembre 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises du Doubs. Pendant trois mois et demi, les jurés ont examiné des faits d’empoisonnements aggravés survenus entre 2008 et 2017 à la clinique Saint Vincent et à la polyclinique de Franche Comté. Malgré sa condamnation, Péchier a toujours clamé son innocence et a immédiatement fait appel.

La cour d’appel de Besançon avait demandé une dérogation afin que l’affaire soit rejugée dans la même ville, mais cela n’est pas prévu par la législation. Les avocats de l’ancien médecin avaient exprimé leur préférence pour un procès à Paris ou à Lyon, arguant que ces villes pourraient offrir une cour d’appel plus impartiale.

Randall Schwerdorffer, l’avocat principal de Péchier, a accueilli la décision avec satisfaction, soulignant l’importance d’un procès équitable. Il a déclaré : « On l’avait motivé uniquement sur le principe d’impartialité, en estimant qu’à Lyon et Paris on pouvait avoir une cour d’appel qui soit totalement impartiale. »

En revanche, Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles, a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences de ce déménagement. Il a fait remarquer que cela pourrait compliquer la vie des victimes, qui devront faire des déplacements fréquents à Lyon pour assister au procès. « Les gens ne peuvent pas, pendant trois mois et demi, venir régulièrement faire des allers-retours à Lyon », a-t-il déclaré.

De son côté, Frédéric Douchez, représentant de la clinique Saint-Vincent, a également souligné les défis logistiques que cela pose pour les nombreux témoins, médecins et infirmiers, qui seront appelés à témoigner lors du procès.

En février dernier, une demande de remise en liberté de Frédéric Péchier avait été rejetée par la justice. Il espérait ainsi préparer son procès en appel dans de meilleures conditions. Le parquet a précisé que l’anesthésiste avait formé un pourvoi contre cette décision, qui sera examinée par la chambre criminelle de la Cour de cassation. En attendant, Frédéric Péchier reste incarcéré.

Selon son avocat, Péchier se montre « très combatif et très clair » face à son avenir judiciaire, alors que la date de son procès en appel reste à déterminer.