Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a décidé de ne pas se saisir de l’affaire de Cédric Prizzon, soupçonné d’un double féminicide. Cette décision survient suite à des demandes exprimées par le Haut conseil à l’égalité (HCE), qui avait appelé à une intervention du Parquet national antiterroriste. Dans un contexte où la justice est au cœur des débats, Olivier Christen a souligné l’importance de maintenir l’indépendance du système judiciaire.
EN BREF
- Cédric Prizzon est soupçonné d’avoir tué son ex-conjointe et sa compagne actuelle.
- Le Haut conseil à l’égalité a appelé le Parquet antiterroriste à se saisir de l’affaire.
- Olivier Christen insiste sur l’indépendance de la justice et l’aptitude du parquet de Montpellier à traiter le dossier.
Les faits reprochés à Cédric Prizzon sont graves. Cet ancien policier de 42 ans a été interpellé le 25 mars au Portugal, accompagné de ses deux enfants, qui ont depuis été rapatriés en France. Prizzon est soupçonné d’avoir tué sa première compagne ainsi que sa compagne actuelle, une affaire qui a suscité une vive réaction au sein de la société française, notamment de la part du HCE.
Dans un communiqué, Bérangère Couillard, présidente du HCE, a exprimé sa préoccupation face à une « idéologie de haine des femmes » qu’elle considère comme en expansion. Elle a évoqué un « mouvement masculiniste structuré » et a exhorté le Parquet national antiterroriste à intervenir dans cette affaire. Une pétition en ligne avait également été lancée pour soutenir cette demande.
Olivier Christen, interrogé sur France Info, a qualifié les faits d’ »absolument terrifiants et dramatiques », expliquant qu’ils s’inscrivent dans une « approche masculiniste » de la violence envers les femmes. Toutefois, il a affirmé ne pas voir la nécessité pour son bureau de se charger de cette affaire, soulignant que le parquet de Montpellier est parfaitement capable de traiter cette affaire avec toute la gravité qu’elle mérite.
Christen a insisté sur le fait qu’il est primordial que les organes gouvernementaux évitent de donner l’impression de vouloir influencer les décisions de la justice. « Les organes qui sont rattachés au gouvernement ne peuvent faire pression de quelque façon que ce soit sur la justice pour décider quelle qualification doit être donnée à des faits », a-t-il déclaré, affirmant que l’indépendance judiciaire doit être préservée.
Il a également précisé que l’enquête ouverte à Montpellier vise à examiner les meurtres dans le cadre des lois en vigueur, sans pour autant déterminer s’il y a lieu d’appliquer une qualification terroriste. « La qualification relève d’une décision de l’autorité judiciaire qui doit pouvoir agir dans toute son indépendance », a-t-il conclu.
Cette affaire met en lumière non seulement la violence domestique, mais également les dynamiques de pouvoir en jeu dans les relations entre hommes et femmes. En juillet 2025, une procédure liée aux mouvances masculinistes avait été ouverte par le parquet national antiterroriste, marquant un tournant dans la manière dont ces questions sont abordées par la justice française.
Alors que la société continue de débattre des violences faites aux femmes et des idéologies qui les sous-tendent, l’affaire Cédric Prizzon pourrait devenir un point de référence crucial dans la lutte contre la violence domestique et les idéologies masculinistes. La réaction du parquet et des instances judiciaires face à des cas aussi graves sera scrutée avec attention par l’opinion publique.