La rémunération de Nagui, animateur emblématique de France Télévisions, est au cœur des débats. Son producteur, Stéphane Courbit, a récemment pris position pour défendre le salaire de l’animateur, face aux interrogations soulevées lors d’une audition devant une commission parlementaire.
EN BREF
- Stéphane Courbit défend le salaire de Nagui, jugé “très bien payé” par certains députés.
- Les émissions de Nagui représentent près de 10 % des recettes publicitaires de France Télévisions.
- Le rapport final de la commission sur l’audiovisuel public est attendu pour le printemps 2026.
Depuis des décennies, Nagui s’est imposé comme une figure incontournable du paysage audiovisuel français. Ses émissions à succès, telles que N’oubliez pas les paroles et Taratata, attirent des millions de téléspectateurs. Cependant, son salaire, souvent jugé excessif, suscite des critiques, notamment au sein de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, active depuis octobre 2025.
Le 25 février 2026, Stéphane Courbit, producteur et président de Banijay, a été interrogé par cette commission. Il a mis en avant la rareté des talents comme celui de Nagui. En le comparant à des footballeurs, il a affirmé : “Ce sont des gens très bien payés parce qu’ils ont un talent assez unique.” Bien qu’aucun chiffre précis n’ait été divulgué, cette déclaration souligne l’importance de la valeur ajoutée que Nagui apporte à l’industrie.
Il est crucial de noter que, selon les précisions de Banijay, le service public ne paie pas directement Nagui. Alexia Laroche-Joubert, PDG de Banijay France, a clarifié : “C’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public. D’une certaine façon, cela me regarde si je le paie trop ou pas assez.” Cette distinction contractuelle, bien que technique, soulève des questions sur la transparence des finances publiques.
Les interrogations sur la rémunération de Nagui s’accompagnent de critiques plus larges concernant la gestion des fonds publics. Charles Alloncle, député UDR, a affirmé que Nagui serait “celui qui s’est le plus enrichi sur l’argent public” au cours de la dernière décennie. Ces propos illustrent le climat de méfiance ambiant autour des salaires des personnalités de l’audiovisuel.
Pour Banijay, l’argument économique est également clé. Les émissions animées par Nagui seraient responsables d’environ 10 % des recettes publicitaires de France Télévisions, ce qui en fait un levier majeur de rentabilité. En effet, les productions de l’animateur génèrent plus de revenus qu’elles n’en coûtent. Cette réalité économique place Nagui non seulement comme un animateur, mais comme un véritable moteur de l’économie de la télévision publique.
Face aux accusations d’enrichissement personnel, Nagui a choisi de se défendre publiquement. Sur Instagram, il a mis en avant son engagement envers France Télévisions, précisant que ses programmes génèrent un volume de travail considérable : “300 heures de programmes par an qui permettent de régler 10 000 bulletins de salaire.” Il a également expliqué le processus complexe qui entoure la production d’une seule émission, mettant en lumière le travail acharné de toute une équipe.
Parallèlement, d’autres figures du PAF, comme Samuel Étienne et Hugo Clément, ont également été entendues par la commission, apportant leurs témoignages sur la gestion des ressources humaines au sein de France Télévisions. Samuel Étienne a partagé son expérience de départ après 17 ans de service, soulignant les défis auxquels sont confrontés même les animateurs les plus établis.
À l’approche du rapport final de la commission, prévu pour le printemps 2026, le débat sur les salaires des personnalités de l’audiovisuel et la gestion des finances publiques continue de susciter des discussions animées. Il est certain que la figure de Nagui demeurera au centre de ces échanges, tant pour son talent que pour les controverses qui l’entourent.