Cette semaine, le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, présente une série de spectacles historiques intitulée « Populaire. Toutes nos histoires ». L’initiative est perçue par certains comme une réponse au Puy du Fou, souvent accusé d’incarner une vision de droite de l’histoire de France.
EN BREF
- Le projet « Populaire » se veut un contrepoint au Puy du Fou, jugé de droite.
- Les spectacles visent à contrecarrer les récits réactionnaires sur l’identité française.
- Le Puy du Fou, malgré ses succès, ne traite pas de sujets de gauche comme les luttes sociales.
Le premier spectacle de cette série se déroulera à la basilique de Saint-Denis, et vise à contrer les « récits réactionnaires » qui, selon M. Troussel, projettent une image d’une France unique, blanche et catholique. Ce projet, qui se veut également politique, soulève des questions sur la manière dont l’histoire est racontée et sur qui en détient le récit.
Une réponse au Puy du Fou
Le Puy du Fou, parc d’attractions situé en Vendée, est souvent au cœur des polémiques. Son fondateur, Philippe de Villiers, a des liens clairs avec la droite politique. Ce dernier a souvent été critiqué par des figures de la gauche, comme le député François Ruffin, qui a récemment appelé à la création d’un « Puy du Fou de gauche » pour représenter une version de l’histoire plus inclusive.
Le parc, qui a vu passer plus de 3 millions de visiteurs en 2025, est le deuxième parc le plus visité de France après Disneyland. Ce succès, bien qu’impressionnant, est souvent interprété comme le reflet d’une vision conservatrice de l’histoire. Les spectacles, bien que diversifiés, ne touchent que rarement à des thèmes considérés comme « de gauche », tels que les luttes des classes sociales ou les minorités.
Des spectacles historiques variés
Les spectacles présentés au Puy du Fou incluent des représentations sur des thèmes variés, tels que la légende du roi Arthur, les Vikings, et même les fables de La Fontaine. À l’exception d’une représentation sur la Révolution française, les sujets abordés ne sont pas particulièrement controversés. Les organisateurs se défendent en insistant sur le fait que ces spectacles ne sont pas des leçons d’histoire, mais plutôt des fictions inspirées par des événements historiques.
Ce qui dérange, c’est l’absence de représentation des luttes sociales et des voix minoritaires. Le Puy du Fou se présente comme un parc patrimonial et populaire, mais il est indéniable que son succès repose sur l’excellence de ses spectacles. Avec la plus grande académie équestre privée et la première fauconnerie d’Europe, il attire les meilleurs talents, y compris le dresseur de fauves du film Gladiator.
Le Puy du Fou a été élu meilleur parc d’attractions à deux reprises aux États-Unis, ce qui souligne l’impact de son approche narrative, mais soulève également des questions sur la manière dont l’histoire française est représentée et qui est exclu de cette narration.
En fin de compte, le débat autour du Puy du Fou et du projet « Populaire » illustre une lutte plus large sur l’identité nationale et les récits historiques que la France choisit de mettre en avant. Alors que le Puy du Fou s’impose comme un monument du divertissement historique, le projet de Seine-Saint-Denis aspire à proposer une alternative, un espace où d’autres récits peuvent voir le jour.