Le quotidien financier d’une infirmière scolaire à Besançon : un salaire stable et des choix de vie

Manon, 34 ans, exerce en tant qu’infirmière scolaire dans un collège de Besançon depuis quatre ans. Dans un rôle souvent mal compris, elle jongle entre le suivi médical des élèves et les urgences, tout en se tenant à l’écart des services hospitaliers. À travers son témoignage, elle dévoile la réalité de son salaire mensuel, ses dépenses et les choix de vie qui en découlent.

EN BREF

  • Manon gagne 2 060 € nets par mois en tant qu’infirmière scolaire.
  • Elle gère un budget équilibré entre charges fixes et dépenses variables.
  • Son projet à moyen terme est d’acheter un appartement avec son compagnon.

Infirmière scolaire rattachée à l’Éducation nationale, Manon perçoit un traitement de base de 1 890 € nets, conforme à la grille indiciaire des infirmiers de catégorie A. À ce montant s’ajoutent une indemnité de suivi et d’orientation de 95 € par mois et une prime de 75 € pour les établissements en zone sensible. Ainsi, son salaire total s’élève à 2 060 € nets, stable tout au long de l’année.

Contrairement à ses collègues hospitalières, elle ne bénéficie pas de primes de nuit ou de majorations pour le week-end. « Mon rythme est celui d’un enseignant : je profite des vacances scolaires, mais mon salaire reste le même », souligne-t-elle. Cette stabilité est appréciée, bien qu’elle puisse être perçue comme un inconvénient par d’autres.

Pour vivre à Besançon, Manon loue un T2 de 45 m² pour 620 € charges comprises, ce qu’elle juge raisonnable dans le contexte actuel du marché immobilier. Elle s’acquitte également de 38 € pour son assurance habitation et 42 € pour l’électricité, chauffage électrique inclus. Sa mutuelle, essentielle dans sa profession, coûte 52 € par mois.

Côté communication, Manon a opté pour un forfait mobile à 12 € et une box internet à 29,90 €. Sa voiture, une Citroën C3 d’occasion, lui impose une assurance de 45 € par mois et un remboursement de crédit de 110 € pendant 18 mois, soit un total de 949 € pour ses charges fixes, représentant environ 46 % de son salaire.

En ce qui concerne les courses alimentaires pour elle et son compagnon, Manon dépense environ 260 € par mois. Les sorties au restaurant sont limitées à une fois par mois avec un budget de 70 €, tandis qu’elle alloue 40 € pour des activités culturelles. Les frais d’essence pour ses déplacements s’élèvent à environ 85 € mensuels, et elle consacre 60 € pour des vêtements et produits de beauté.

Pour ses vacances, Manon met de côté 150 € par mois, projetant ainsi un séjour estival dans le Jura ou en Espagne. En somme, ses dépenses variables s’élèvent à environ 665 €, ce qui lui laisse un reste à vivre d’environ 446 € chaque mois. « Je considère cela comme une marge confortable, sans être extravagante », déclare-t-elle.

Pour gérer ses finances, Manon a pris l’habitude de placer 200 € sur un Livret A dès la réception de son salaire. « Je sais que je devrais épargner plus, mais je préfère garder de la souplesse pour les imprévus », explique-t-elle. Le reste, soit 246 €, lui sert de matelas de sécurité pour des dépenses imprévues.

Son projet à moyen terme est d’acheter un appartement avec son compagnon. Ils envisagent des villes aux alentours de Besançon où le coût de la vie reste abordable. Bien qu’elle compare parfois son salaire à celui de ses anciennes collègues hospitalières, Manon se sent en équilibre dans sa vie actuelle. « Je gagne moins qu’à l’hôpital, mais j’ai récupéré ma vie sociale et mes soirées », résume-t-elle.

Avec un salaire de 2 060 € nets, Manon se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets mensuels. Elle considère sa situation comme « ni confortable ni précaire, juste stable ». En attendant de potentiellement évoluer vers un poste de cadre de santé, elle a su trouver un rythme de vie qui lui convient, entre rigueur budgétaire et petits plaisirs.