Alors que le gouvernement français cherche à réduire ses dépenses pour équilibrer son budget 2027, une nouvelle mesure pourrait remettre en cause le remboursement des cures thermales. Cette initiative, qui envisagerait de transférer le remboursement à la seule charge des complémentaires santé, suscite de vives réactions parmi les acteurs du secteur.
EN BREF
- Le gouvernement prévoit de supprimer le remboursement des cures thermales par la sécurité sociale.
- Les villes thermales et les professionnels de santé s’opposent à cette mesure.
- Une évaluation de l’apport thérapeutique des cures est en cours par la Haute autorité de santé.
Ce projet de loi de financement de la sécurité sociale, qui doit encore être débattu, vise à réaliser des économies estimées à 200 millions d’euros. Actuellement, les cures thermales bénéficient d’un remboursement d’environ 65 % par l’assurance maladie. Les conséquences d’un tel changement pourraient être néfastes, notamment pour les stations thermales, qui pourraient voir leur nombre de curistes diminuer.
Les acteurs de ces villes thermales réagissent fermement. Par exemple, l’établissement des Thermes de Balaruc-les-Bains, situé dans l’Hérault, a déclaré que ce transfert serait « aberrant ». La station, qui a accueilli plus de 51 000 curistes en 2025, craint que cette mesure n’affecte drastiquement l’activité économique des stations thermales.
Le docteur Jérôme Marty, médecin et membre du collectif des Grandes Gueules, a également exprimé son inquiétude. Lors d’une émission diffusée le 27 octobre, il a déclaré : « Il y a incontestablement un nombre de villes qui vivent grâce aux cures thermales. Il y a 500 000 curistes en France chaque année. » Il a ajouté que les dépenses liées à ces cures sont considérables pour des bénéfices qui restent, selon lui, à prouver.
Le médecin a souligné que, malgré ces incertitudes, il se montre optimiste quant à l’avenir des cures thermales. « Je ne m’inquiète absolument pas, les mutuelles se mettront là-dessus parce qu’il y a un marché incontestable », a-t-il affirmé. Cette déclaration met en lumière la possibilité que les complémentaires santé prennent le relais en matière de remboursement, mais soulève aussi des questions sur l’accessibilité des cures pour tous.
Les avis sur les cures thermales varient. Antoine Diers, un autre professionnel de santé, a mis en avant un point de vue critique. Il a déclaré que pour certains, ces cures pourraient s’apparenter à des vacances subventionnées par la sécurité sociale. « Est-ce que c’est à moi de payer ça ? », s’interroge-t-il. Cette perspective soulève des enjeux éthiques sur le financement des soins et la responsabilité collective dans le cadre du système de santé.
La Haute autorité de santé (HAS) a été saisie par le gouvernement pour évaluer l’apport thérapeutique des cures thermales. Le président de cette autorité, Lionel Collet, a récemment évoqué que cette évaluation est complexe, du fait de la diversité des stations thermales en France. Un premier point de situation est attendu d’ici la fin de l’année, ce qui permettra de mieux cerner les enjeux et la méthodologie de cette étude.
La question du coût-bénéfice des cures thermales reste donc ouverte et délicate. Si le gouvernement parvient à réaliser des économies de 200 millions d’euros, il pourrait en même temps porter un coup dur à une industrie qui emploie près de 100 000 personnes, directement ou indirectement. La suppression de ce remboursement pourrait avoir des répercussions sur l’économie locale, les emplois et, surtout, sur la santé des curistes qui dépendent de ces traitements.
Dans ce contexte, le débat autour des cures thermales ne fait que commencer, et les acteurs du secteur, ainsi que les professionnels de santé, restent sur le qui-vive, conscients des conséquences que pourrait engendrer cette réforme.