Le RN propose d’augmenter l’abattement sur les droits de succession à 100.000 euros

Ce jeudi 27 août, Marine Le Pen a marqué sa rentrée politique lors du premier débat pour l’élection présidentielle, organisé aux universités d’été du Medef. Ce débat, qui a rassemblé plusieurs candidats, a permis d’aborder des sujets brûlants, dont la taxation des héritages, un thème central pour le Rassemblement National (RN).

EN BREF

  • Le RN souhaite augmenter l’abattement sur les droits de succession à 100.000 euros.
  • Franck Allisio, député RN, promet « zéro augmentation d’impôt ».
  • Une majorité de Français s’oppose à une hausse de l’impôt sur les successions.

Le député des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a présenté les propositions de son parti sur RMC, affirmant qu’il envisage une diminution des droits de succession. Actuellement, chaque Français peut hériter de 100.000 euros par parent sans être soumis à l’impôt, ce qui, selon Allisio, permet à la grande majorité des successions de ne pas être taxées. En effet, d’après les données de l’Insee, 87 % des Français ne paient pas d’impôts lors des successions.

Dans un contexte économique difficile, Franck Allisio a promis une politique fiscale sans augmentation d’impôts. Il a dénoncé la situation actuelle des Français, estimant qu’ils subissent une pression fiscale excessive. « Quand ils épargnent, c’est pour payer les impôts aujourd’hui. Ce ne sont pas les droits de succession qui rendent les choses plus justes, mais la possibilité de s’enrichir par son travail », a-t-il déclaré lors de son intervention.

Cependant, cette position a été critiquée par d’autres acteurs politiques. Raphaël Glucksmann, leader du mouvement Place Publique, a souligné que les deux tiers du patrimoine des Français proviennent de leur héritage, alors qu’un tiers seulement est le résultat de leur travail. Glucksmann propose de taxer davantage les « méga-héritages », c’est-à-dire les successions les plus élevées, afin de générer des recettes estimées à 15 milliards d’euros par an. Ces fonds pourraient être utilisés pour augmenter les salaires et réduire les cotisations sociales.

La France Insoumise, emmenée par Jean-Luc Mélenchon, adopte une approche encore plus radicale. Mathilde Panot, la cheffe de file du parti à l’Assemblée nationale, a déclaré qu’à partir de 12 millions d’euros d’héritage, tout serait taxé. Ce projet vise à créer un barème progressif, ciblant principalement les héritages les plus importants.

Du côté des syndicats, la CFDT, dirigée par Marylise Léon, appelle à une réforme en profondeur de la fiscalité sur les héritages. Le syndicat propose de supprimer l’abattement de 100.000 euros et de taxer tous les héritages dès le premier euro, y compris les plus modestes. Cette proposition soulève de vives discussions sur l’équité du système fiscal.

Il est important de noter que la question des taxes sur les successions est délicate sur le plan électoral. Une enquête réalisée par l’institut Odoxa en avril 2024 révèle que 77 % des Français jugent cet impôt injustifié. Par ailleurs, 84 % des sondés se disent favorables à une baisse des impôts sur les successions, tandis que seulement 13 % soutiennent une augmentation.

La taxation des héritages se révèle donc être un sujet de friction dans le paysage politique français, illustrant des divergences profondes entre les différents partis sur la manière de traiter l’héritage et la richesse. Alors que le RN promet des baisses d’impôts et un relèvement des seuils d’abattement, d’autres partis plaident pour une taxation plus juste des plus riches, en réponse aux inégalités croissantes. Les opinions sur ce sujet évolueront sans doute à mesure que les élections approchent.