Chaque automne, à l’approche du premier feu, de nombreuses personnes reprennent une tradition familiale : jeter une poignée de gros sel dans leur cheminée. Ce geste, hérité des grands-parents, est souvent perçu comme une protection contre l’encrassement du foyer. Cependant, les ramoneurs mettent en lumière une tout autre réalité, qui questionne la sécurité de cette pratique.
EN BREF
- Le gros sel ne remplace pas un ramonage mécanique, essentiel pour la sécurité.
- Depuis le 1er octobre 2023, des obligations strictes encadrent le ramonage des conduits.
- Le non-respect des règles peut entraîner des sanctions financières pour les occupants.
Depuis le 1er octobre 2023, un nouveau cadre national précise ce qu’est réellement le ramonage. Il stipule qu’il doit inclure une action mécanique directe sur les parois des conduits et une vérification de leur vacuité. Le simple fait de jeter du sel dans le foyer ne peut pas être considéré comme un ramonage suffisant. Bien que le sel puisse jouer un rôle d’appoint, il ne doit en aucun cas remplacer l’intervention d’un professionnel qualifié.
Dans de nombreuses maisons, l’usage du gros sel dans la cheminée évoque une époque où l’entretien du feu se faisait à l’instinct. Aujourd’hui, des produits modernes prétendent faciliter le ramonage sans nécessiter l’intervention d’un ramoneur, comme les bûches de ramonage ou les poudres à brûler. Ces articles contiennent généralement de la sciure compactée et des sels minéraux qui, lorsqu’ils sont brûlés, libèrent des composés chimiques censés dissoudre la suie accumulée.
Il est donc tentant de voir le gros sel comme une solution bon marché et rapide. En réalité, au contact des braises, il peut assécher une fine couche de dépôts, mais son efficacité est limitée. Le Centre scientifique et technique du bâtiment insiste sur le fait que de tels produits ne peuvent qu’être un complément. Un foyer entretenu uniquement avec du sel ou des bûches chimiques n’a jamais bénéficié d’un véritable ramonage, tel que défini par la loi.
Les ramoneurs qualifient le sel et les bûches de ramonage de solutions temporaires, utiles entre deux passages réguliers. Leur action principale consiste à dessécher les dépôts récents et à réduire leur adhérence sur les parois. Cependant, cela ne suffit pas à éliminer le goudron durci, ces plaques épaisses résultant de feux mal réglés, qui restent solidement accrochées au conduit.
Pour un nettoyage efficace de ce goudron et pour s’assurer qu’aucun obstacle ne gêne le passage des fumées, un ramonage mécanique est indispensable. Le professionnel utilise un hérisson, une brosse rigide montée sur un long flexible, pour retirer les suies, résidus, ainsi que les nids et débris accumulés dans les conduits. Ce contrôle permet de garantir la vacuité, une mission que ne peut accomplir une simple poignée de sel.
Des obligations renforcées pour garantir la sécurité
Le nouveau cadre national a également clarifié les obligations en matière de ramonage. Désormais, chaque conduit de fumée doit être ramoné mécaniquement au moins une fois par an, et deux fois pour les appareils à combustibles solides ou liquides, dont une intervention doit avoir lieu pendant la période de chauffe. Ignorer ces obligations peut entraîner des amendes allant jusqu’à 450 euros.
Que vous soyez propriétaire ou locataire, la responsabilité du respect de cette fréquence repose sur l’occupant de l’appareil. À l’issue de chaque intervention, le ramoneur qualifié délivre un certificat de ramonage, qu’il doit fournir dans un délai maximum de quinze jours ouvrés. Ce document est essentiel, car il atteste de la conformité de l’intervention et de la vacuité du conduit, une exigence cruciale pour l’assurance en cas d’incendie. En revanche, ni le gros sel ni la bûche de ramonage chimique ne peuvent justifier une telle attestation, malgré une communication rassurante sur leurs emballages.
En somme, si la tradition du sel dans la cheminée peut sembler réconfortante, elle ne doit pas occulter l’importance d’un entretien rigoureux et conforme aux normes de sécurité. La préservation de votre foyer et la sécurité de votre habitation en dépendent.