Le tissu adipeux : un organe vital aux fonctions méconnues selon le Dr Laurence Plumey

Depuis longtemps, les graisses sont souvent stigmatisées, considérées comme des ennemies de notre santé. Pourtant, comme l’explique le Dr Laurence Plumey, médecin nutritionniste, le tissu adipeux joue un rôle fondamental dans notre organisme. Entre les adipocytes, les hormones et les différents types de graisses, cet organe est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Voici un décryptage des vérités qui entourent le gras.

EN BREF

  • Le tissu adipeux, composé d’adipocytes, joue un rôle essentiel dans la régulation du poids.
  • Il existe deux types de graisses : la sous-cutanée, moins dangereuse, et la viscérale, plus problématique.
  • Les habitudes alimentaires et le stress influencent le stockage et la libération des graisses.

La complexité du tissu adipeux

Le tissu adipeux est majoritairement constitué d’adipocytes, des cellules qui accumulent des lipides. Ces cellules peuvent voir leur taille multipliée par quinze. Lorsque vous consommez trop de calories, ces adipocytes se remplissent, et lorsque leur capacité est dépassée, d’autres cellules peuvent se transformer en adipocytes, comme l’avertit le Dr Plumey. Cette dynamique rend la perte de poids particulièrement difficile pour les personnes obèses, car bien que les adipocytes puissent réduire de taille avec un régime équilibré, leur nombre demeure constant.

Les adipocytes possèdent également des enzymes essentielles pour le stockage et la libération des graisses. En raison de notre évolution, le corps humain est programmé pour stocker facilement les excès alimentaires, mais il n’est pas aussi efficace pour mobiliser ces réserves. Par conséquent, un régime trop restrictif peut entraîner une diminution du métabolisme, rendant la perte de poids encore plus ardue.

Les différents types de graisses

Il est crucial de distinguer deux types de graisses : la graisse sous-cutanée, que l’on peut pincer, et la graisse viscérale, qui s’accumule autour des organes internes. La première, bien que souvent source de frustration pour ceux qui souhaitent maigrir, est généralement inoffensive. En revanche, la graisse viscérale, très vascularisée, peut libérer des acides gras et des molécules inflammatoires nuisibles, augmentant les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

La bonne nouvelle ? Cette graisse profonde est plus facilement réduite par une hygiène de vie saine, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.

Impact des glucides et du stress

Une autre idée reçue est que le gras est le principal responsable de la prise de poids. En réalité, ce sont souvent les sucres ajoutés dans les boissons et les collations qui augmentent le stockage des graisses. Le Dr Plumey souligne que le sucre stimule la production d’insuline, l’hormone du stockage, qui facilite l’entrée des sucres et des graisses dans les cellules. Ce phénomène est exacerbé par le stress, qui augmente la sécrétion de cortisol, une hormone qui, en excès, favorise également le stockage.

Les graisses insaturées et leurs effets

Les graisses insaturées sont souvent considérées comme bénéfiques, mais elles se divisent en deux catégories : les oméga 6 et les oméga 3. Alors que les oméga 6, présents dans de nombreux aliments courants, peuvent favoriser le développement du tissu adipeux s’ils sont consommés en excès, les oméga 3, moins présents dans notre alimentation, aident à activer les enzymes responsables de la libération des graisses. Bien que l’ajout d’oméga 3 ne soit pas une solution miracle pour maigrir, leur consommation raisonnée est préférable.

Le rôle vital du tissu adipeux

Le Dr Plumey rappelle que le tissu adipeux est un véritable organe à part entière. Son rôle principal est de stocker l’énergie, une fonction devenue moins cruciale dans nos sociétés modernes où la nourriture est facilement accessible. Toutefois, ce stockage reste vital dans des situations telles que la maladie, où le corps a besoin de réserves pour survivre.

En plus de son rôle de stockage, le tissu adipeux communique avec d’autres organes, notamment le cerveau. Il produit de la leptine, une hormone qui signale la satiété au cerveau après un repas. De plus, il participe à la régulation hormonale, notamment en libérant des hormones féminines qui peuvent aider à atténuer certains symptômes liés à la ménopause.

En somme, le tissu adipeux, bien que souvent mal compris, joue un rôle indéniable dans notre santé et notre bien-être. Adopter une approche équilibrée vis-à-vis de l’alimentation et du mode de vie est essentiel pour maintenir un tissu adipeux en bonne santé.