Le train devient une alternative privilégiée face à la flambée des prix du carburant

La SNCF a récemment annoncé une augmentation significative de 12 % des ventes de billets de TER en avril 2023, par rapport à la même période l’année précédente. Cette tendance marquée s’inscrit dans un contexte où les prix des carburants continuent de grimper, incitant ainsi un nombre croissant de Français à choisir le rail plutôt que la route.

EN BREF

  • Augmentation de 12 % des ventes de billets TER en avril 2023 par rapport à 2022
  • Les prix élevés des carburants incitent les automobilistes à privilégier le train
  • Une tendance confirmée par la baisse du trafic sur les autoroutes

Les trains régionaux, en particulier, attirent un nombre de plus en plus important de voyageurs depuis la pandémie de Covid-19. Cependant, la hausse des ventes de billets de 2023 est deux fois plus importante que celle observée à la même époque l’an dernier, ce qui souligne un changement de comportement significatif chez les usagers.

Cette évolution est corroborée par des données d’Eiffage et Vinci, qui montrent une diminution du nombre d’automobilistes sur les autoroutes au premier trimestre de l’année. Ce phénomène est principalement attribué à l’augmentation des prix du carburant, qui a eu lieu en mars dernier.

Les plateformes comme SNCF Connect affichent également des résultats encourageants, avec une croissance des ventes de plus de 14 % par rapport à avril 2025. En comparaison, la croissance n’était que de 3 % en avril 2025 par rapport à 2024, mettant en lumière une tendance à long terme vers l’utilisation accrue des transports en commun.

Un porte-parole de la SNCF a souligné que cette évolution est le résultat d’un ensemble de facteurs. « Nous avons bénéficié d’un calendrier favorable avec de nombreux ponts en mai, et l’engouement pour le train se renforce dans le contexte actuel. Les Français continuent de voyager et se tournent vers le train, une solution accessible et adaptée pour leurs déplacements », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à RMC.

Pour de nombreux usagers, le choix du train est devenu une option économique. Pascal, un voyageur régulier, explique : « Je n’ai pas la culture du train, mais cette fois, c’est valise individuelle pour moi. Avec les prix à la pompe, je préfère prendre le train. Quand on remplit le réservoir du véhicule, on voit la différence. » Son témoignage est partagé par d’autres automobilistes qui constatent que le coût des trajets en train devient plus compétitif face à celui de l’essence.

Thierry, qui prend le TER tous les jours entre Carcassonne et Colomiers, confirme que son abonnement s’élève à environ 90 euros par mois, alors qu’un plein de carburant coûte actuellement près de 135 euros. « On ne peut pas comparer », souligne-t-il, mettant en avant les économies réalisées grâce au train.

Pour les trajets plus longs, le train se révèle également avantageux. Claude, un futur vacancier à Perpignan, a calculé que ses frais de déplacement en voiture depuis Saint-Nazaire s’élèveraient à près de 300 euros pour un aller-retour. Néanmoins, il précise qu’il continuera d’utiliser sa voiture si les prix sont équivalents.

Cette dynamique de changement vers le train, motivée par la hausse des coûts des carburants, pourrait bien représenter un tournant dans les habitudes de transport des Français. Alors que les préoccupations environnementales et économiques prennent de l’ampleur, le rail pourrait devenir un choix de plus en plus prisé par les usagers, redéfinissant ainsi les modes de déplacement sur le territoire national.