Le village chrétien de Qlayaa au Liban appelle à la protection de l’armée face à la violence

Dans le village de Qlayaa, situé dans le sud du Liban, la tension est palpable. Les habitants, récemment endeuillés par la mort de leur prêtre, le père Pierre al-Rahi, tué par des tirs israéliens, expriment leur désespoir et leur besoin d’une protection accrue de l’armée libanaise. Ce village chrétien, pris en étau entre les forces israéliennes et le Hezbollah, se retrouve au cœur d’une guerre qui ne semble pas vouloir s’apaiser.

EN BREF

  • Les habitants de Qlayaa demandent une protection militaire après des frappes israéliennes.
  • La mort de leur prêtre a intensifié l’appel à la sécurité dans ce village chrétien.
  • Les résidents refusent d’évacuer et souhaitent vivre en paix sur leurs terres.

Le 11 mars 2026, des centaines de villageois se sont rassemblés pour les funérailles du père al-Rahi. Ce moment tragique a été marqué par des récits d’angoisse et de survie. Myriam Nohra, une habitante de 34 ans, a partagé son expérience : « Nous avons dormi dans notre maison lorsque la roquette est tombée. J’ai couru chercher mes enfants, craignant pour leur vie. » Son témoignage résonne avec la détresse de nombreux habitants, qui ont frôlé la mort dans un contexte de violence de plus en plus inacceptable.

Depuis le début de la guerre, le village a été relativement épargné, mais la situation a radicalement changé lorsque le Hezbollah a intensifié ses attaques sur Israël. En réponse, l’armée israélienne a intensifié ses frappes, ciblant des localités libanaises, dont Qlayaa. Face à ces menaces, les villageois expriment leur souhait de rester sur leurs terres, refusant d’obéir aux ordres d’évacuation lancés par l’armée israélienne. « Nous ne voulons que vivre en paix », clame Myriam, faisant écho à la détermination de toute une communauté.

Lors de sa visite à l’église Saint Georges pour présenter ses condoléances, le général Rodolphe Haykal, commandant de l’armée libanaise, a été confronté à la colère des femmes du village. « Je lui ai dit que nous ne voulons plus de sang versé », rapporte Manal Khairallah, une habitante. Les villageois réclament une présence militaire renforcée, espérant que l’armée puisse empêcher le Hezbollah de lancer des attaques à proximité de leur localité.

Les funérailles ont également vu la présence du nonce apostolique au Liban, Paolo Borgia, qui a exprimé sa solidarité avec les habitants et a évoqué la nécessité de solutions pour leur sécurité. Des aides de l’organisation catholique L’Oeuvre d’Orient ont été apportées pour soutenir la communauté en détresse.

La crainte des habitants est exacerbée par le retrait récent de l’armée libanaise de plusieurs points stratégiques, ce qui a suscité des inquiétudes quant à leur sécurité. « Nous voulons que l’armée nous protège », déclare Doris Farah, une institutrice de 55 ans, en larmes. « Le Sud a fait beaucoup de sacrifices, ça suffit. Nous voulons juste vivre en paix avec nos enfants. »

Les villageois de Qlayaa, en dépit des menaces qui pèsent sur eux, affirment leur attachement à leur terre. Ils estiment que la seule garantie de leur sécurité réside dans une armée renforcée et des forces de sécurité capables de les protéger. « Cette guerre n’est pas la nôtre. Même si cela signifie établir une zone tampon, nous ne partirons pas », prévient Jihad Toubia, un militaire à la retraite de 73 ans. Les habitants de ce village chrétien se battent pour leur survie, leurs racines et l’espoir d’un avenir paisible.