Les achats de précaution en hausse face à la guerre au Moyen-Orient

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier, les consommateurs français adoptent des comportements d’achats de précaution similaires à ceux observés lors de la pandémie de Covid-19. En effet, cette situation géopolitique entraîne une inflation notable et un allongement des délais d’acheminement des produits essentiels.

EN BREF

  • Les ventes de produits de première nécessité augmentent fortement.
  • Les conserves et les plats préparés connaissent des hausses marquées.
  • Les consommateurs restent fidèles aux hypermarchés malgré la hausse des prix.

Les données de la semaine du 9 au 15 mars montrent les premières retombées de cette conjoncture complexe sur le marché de la grande consommation. Emilie Mayer, directrice business insights au sein du cabinet Circana, a observé une forte croissance dans plusieurs catégories d’achats considérés comme « de précaution ».

Parmi les produits dont les ventes ont explosé, les conserves de maquereaux se distinguent avec une progression de 15,9% en volume. Les plats cuisinés appertisés, prêts à réchauffer au micro-ondes, affichent également une hausse significative de 15,6%. Les sardines, quant à elles, se positionnent en troisième place avec une augmentation de 12,1%.

Le riz et les conserves d’autres produits de la mer enregistrent des croissances de 10,2% et 9,2% respectivement. Les soupes froides et les pâtes suivent de près avec des hausses de 8,7% et 8,1%. Les huiles et les légumes secs appertisés connaissent également un regain d’intérêt, avec des ventes en hausse de près de 7,6% et 6,7%.

Ce phénomène témoigne de la réactivité des consommateurs face à un environnement incertain. Malgré la hausse des prix du carburant, les hypermarchés continuent d’attirer les clients, enregistrant même une légère progression des ventes. Cela contraste avec les tendances négatives habituelles du secteur.

Emilie Mayer souligne que ces comportements d’achat rappellent les périodes de panique de mars 2020, lors du premier confinement, ainsi que celles de fin février et début mars 2022, au moment où la guerre en Ukraine a débuté. Toutefois, elle nuance que ces croissances actuelles sont moins marquées que celles observées lors de ces précédentes crises, ce qui pourrait indiquer que les Français s’habituent à vivre dans un contexte instable.

À l’heure actuelle, la question demeure : ces comportements d’achat vont-ils se multiplier dans le temps ? Selon Emilie Mayer, cela dépendra des circonstances à venir. Les pics d’achats observés devraient se stabiliser rapidement, mais le contexte international pourrait engendrer des perturbations plus fortes, notamment avec un retour possible d’une inflation soutenue.

Les consommateurs se trouvent donc à un carrefour délicat, oscillant entre la nécessité d’anticiper des situations critiques et la gestion de leur budget face à l’inflation. L’avenir des comportements d’achat en France dépendra des événements mondiaux et de la capacité des Français à s’adapter à ces changements.