Dans un contexte où la santé et l’environnement sont au cœur des préoccupations, de plus en plus de personnes envisagent de réduire leur consommation de produits d’origine animale. Les produits laitiers ne font pas exception, et depuis 2019, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande aux adultes de limiter leur consommation à deux portions par jour au lieu de trois. Cependant, les alternatives végétales qui se présentent comme des substituts n’apportent pas toujours les mêmes bénéfices nutritionnels.
EN BREF
- Les Français réduisent leur consommation de lait et de produits laitiers.
- Seules les boissons au soja offrent un apport protéique comparable au lait.
- Des carences en calcium et vitamines sont à craindre avec une alimentation exclusivement végétale.
Au cours des quinze dernières années, les achats de lait ont diminué de 21 % et ceux des produits laitiers de 13 %. Bien que les alternatives végétales imitent la texture des produits laitiers, elles diffèrent souvent en goût et en apports nutritionnels. Certains de ces produits peuvent coûter jusqu’à deux fois plus cher que leurs homologues laitiers, d’où l’importance de bien comprendre leur composition.
Selon Mégane Heudiard, diététicienne-nutritionniste et co-auteure du livre Le bon choix au supermarché, seules les boissons à base de soja fournissent une quantité de protéines comparable à celle du lait ou des yaourts. Les autres alternatives offrent souvent moins de 1 % de protéines. De plus, l’Anses a récemment réduit la valeur toxicologique de référence pour les isoflavones de soja, recommandant de limiter leur consommation à deux aliments à base de soja par mois, une mesure particulièrement importante pour les groupes à risque comme les femmes enceintes et les personnes ayant des antécédents de cancer du sein.
Alternatives aux fromages : attention à la composition
En ce qui concerne les fromages végétaux, la teneur en protéines est souvent inférieure à celle des produits laitiers traditionnels. Les substituts à base de soja, de noix de cajou ou d’amande, comme Sojami et Jay & Joy, sont à privilégier, tandis que d’autres, comme Violife et Boursin végétal, contiennent des ingrédients tels que l’huile de coco et l’amidon, qui ne sont pas bénéfiques pour la santé.
Les boissons et desserts à base de plantes sont également souvent dépourvus de calcium. Les personnes qui suivent un régime végétarien devraient donc opter pour des produits enrichis, de préférence avec du citrate de calcium, car certains types de phosphate de calcium peuvent poser des risques pour la santé cardiovasculaire.
Les risques d’une substitution totale
Le fait de remplacer intégralement les produits laitiers par des alternatives végétales peut engendrer des déficits en calcium, en vitamines B2, B12 et D, ainsi qu’en protéines. La Société française de pédiatrie met en garde contre les dangers de donner des boissons végétales en remplacement des préparations infantiles. De plus, une étude de 2019 a montré que les enfants et adolescents qui consomment peu de produits laitiers ont également des apports en calcium en deçà des recommandations.
Les personnes intolérantes au lactose et consommant peu de produits laitiers pourraient être exposées à un risque accru d’ostéoporose. Un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé en 2024 a également souligné que la substitution des produits laitiers et du poisson contribue à un déficit persistant en iode en Europe, une situation préoccupante pour les femmes enceintes.
En somme, bien que les alternatives végétales puissent représenter une solution intéressante pour réduire la consommation d’aliments d’origine animale, il est essentiel de les choisir avec soin et de rester conscient des risques potentiels pour la santé associés à une substitution totale des produits laitiers.