Les annonces du gouvernement sur Parcoursup ne calment pas la colère des étudiants

Ce lundi 26 octobre 2026, le gouvernement a fait des annonces visant à apaiser les tensions croissantes entre les autorités et les étudiants. Cependant, ces mesures ont été accueillies avec scepticisme par les organisations lycéennes et étudiantes, qui estiment qu’elles demeurent insuffisantes.

EN BREF

  • Les annonces gouvernementales n’ont pas convaincu les organisations étudiantes.
  • Des mobilisations à venir sont prévues, avec un appel à la grève le 5 novembre.
  • Les mesures restent jugées insuffisantes par les syndicats et les étudiants.

Les réactions des organisations lycéennes sont variées. Si certains ont exprimé une satisfaction relative quant à des annonces « allant dans notre sens », comme le souligne Nathanaël Combary de Renouveau lycéen, d’autres insistent sur la nécessité de poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des résultats concrets sur le terrain. Cela démontre une volonté de ne pas se contenter de promesses, mais d’exiger des actions tangibles.

L’intersyndicale jeunesse, qui regroupe des organisations telles que l’Union étudiante, la Fage et l’Unef, a également appelé à des manifestations dans les jours à venir. Elle revendique dix mesures principales, estimées à un coût de 10 milliards d’euros, incluant la fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places additionnelles et une réforme des bourses.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat de l’enseignement secondaire, a également exprimé son mécontentement. Selon elle, les revendications de la jeunesse demeurent largement insatisfaites, et elle appelle à amplifier les grèves, en particulier en vue de la journée d’action prévue le 5 novembre. Pour elle, « les annonces ne suffisent pas » et il faut des garanties sur leur financement et leur mise en œuvre.

Les annonces faites par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, incluent un remplacement progressif de la plateforme Parcoursup d’ici 2028, mais cela semble ne pas apaiser les inquiétudes. Bien que le ministre ait affirmé que « aucune des décisions prises n’est une promesse en l’air », les étudiants restent dubitatifs.

Les mesures insatisfaisantes

Le gouvernement a également promis la fin du plafonnement à 28 élèves par classe de seconde, avec un accent sur les établissements les plus défavorisés dès la rentrée prochaine. Toutefois, pour atteindre cet objectif, les 836 suppressions de postes prévues doivent être annulées, et 500 postes supplémentaires seront créés. Ces mesures, selon les syndicats, sont jugées comme des promesses vides.

Les annonces incluent également la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, la plupart en BTS et IUT, ainsi qu’un plan de rénovation des établissements scolaires pour un montant total de 5 milliards d’euros, principalement sous forme de prêts à taux réduit. Les bourses étudiantes seront indexées sur l’inflation, mais cela ne semble pas suffire aux yeux des étudiants.

Les syndicats et les étudiants estiment que ces annonces représentent des « miettes », un symbole du mépris qu’ils ressentent de la part du gouvernement. Ils dénoncent des promesses qui ne font qu’accroître leur frustration face à un système qu’ils jugent déjà défaillant.

Par ailleurs, le ministre a annoncé l’ouverture de plusieurs « chantiers » pour réduire la pression scolaire, dont une réévaluation du contrôle continu pour le baccalauréat, ce qui pourrait alléger les emplois du temps des lycéens. Cependant, ces mesures sont perçues comme des palinodies temporaires sans impact réel sur les enjeux fondamentaux auxquels la jeunesse fait face.

Alors que se profile une nouvelle journée d’action à l’appel des gilets jaunes le 31 octobre, et une journée de grèves et manifestations le 5 novembre, le gouvernement espérait apaiser la colère des jeunes avec ces annonces. Pourtant, la mobilisation semble loin d’être terminée.

La contestation est née dans un lycée de banlieue parisienne le 17 septembre et s’est étendue, culminant le 17 octobre avec des manifestations à l’échelle nationale, dont certaines ont été marquées par des violences et des dégradations. Les présidents d’universités avaient alerté, affirmant que la suppression de Parcoursup n’était pas une solution miracle, insistant sur le fait qu’il ne fallait pas confondre l’outil avec une politique de réduction des moyens qui a créé des tensions pour l’accès à l’enseignement supérieur.

Le débat sur l’avenir de la plateforme Parcoursup, qui a recueilli près de 100 000 contributions sur une plateforme ouverte le 5 octobre, se poursuivra le 28 octobre à l’Assemblée nationale, sans vote prévu. Dans un contexte de mécontentement croissant, le gouvernement pourrait faire face à des défis encore plus importants dans les semaines à venir.