Les Cascio, défenseurs de Michael Jackson, portent désormais des accusations d’abus sexuels

La saga entourant Michael Jackson, icône de la pop, connaît un nouveau chapitre troublant. Pendant plus de 25 ans, la famille Cascio a été l’un de ses plus fervents soutiens, défendant l’artiste face aux accusations d’abus sexuels. Aujourd’hui, quatre des cinq enfants de cette famille brisent le silence et portent des accusations précises et glaçantes, remettant en question l’image de l’artiste.

EN BREF

  • Quatre des enfants Cascio accusent Michael Jackson d’abus sexuels.
  • Ils affirment avoir été manipulés pour défendre le chanteur.
  • Les révélations surviennent alors qu’un biopic sur Jackson connaît un grand succès.

Les Cascio, Dominic et Connie, ont partagé une proximité avec Michael Jackson telle qu’ils se qualifiaient de sa « seconde famille ». Leur descendance a grandi à Neverland, le célèbre ranch du chanteur, un environnement qui, à l’époque, ne soulevait guère de soupçons. Lors d’une apparition en décembre 2010 sur le plateau de l’émission de Oprah Winfrey, la famille avait vigoureusement défendu Jackson, affirmant qu’il n’avait jamais eu de comportement inapproprié. Cependant, cette défense, selon leur plainte actuelle, faisait partie d’un système de contrôle orchestré par le chanteur.

Les enfants Cascio, désormais adultes, révèlent qu’ils ont été conditionnés pour devenir les « soldats » de l’artiste, prêts à le défendre contre les accusations qui le poursuivaient depuis 1993. En effet, la plainte expose un vocabulaire codé utilisé par Jackson, où des termes innocents comme « Disneyland » signifieraient en réalité des rapports sexuels, et où « Disney juice » désignerait de l’alcool. Ces retournements de langage avaient pour but de brouiller les perceptions des victimes.

Aldo Cascio, l’un des plaignants âgé de 35 ans, raconte que les abus auraient démarré alors qu’il n’avait que sept ans. Il décrit des actes de nature sexuelle commis par le chanteur dans le lit où ils dormaient ensemble, un récit partagé par quatre de ses frères et sœurs. Le cinquième enfant, tout en affirmant avoir également été victime, ne peut se joindre à cette action en justice pour des raisons légales.

Les allégations de la plainte précisent également que les enfants présents à Neverland étaient souvent sous l’influence de drogues et d’alcool, ce qui contribue à un tableau où les limites entre adultes et enfants étaient floues. Ces révélations ne sont pas sans rappeler le documentaire Leaving Neverland, diffusé en 2019, qui avait déjà mis en lumière des abus subis par d’autres jeunes garçons. Ce film a agi comme un catalyseur pour certains des Cascio, qui ont reconnu des schémas similaires dans leur propre expérience.

Les accusations de 1993 refont surface avec un témoignage d’un homme qui a décrit des détails anatomiques sur Jackson, corroboré par un policier impliqué dans l’enquête de l’époque. Ces nouvelles révélations ajoutent à un faisceau d’indices que les témoignages accumulés rendent difficile à ignorer.

Face à ces accusations, les héritiers de Michael Jackson, par l’intermédiaire de leur avocat Marty Singer, n’ont pas tardé à réagir. Ils qualifient la plainte de « tentative désespérée d’extorsion » et soulignent que la famille Cascio avait toujours défendu l’innocence de Jackson. Singer évoque également un « forum shopping » pour désigner une stratégie judiciaire visant à obtenir des gains financiers.

Depuis le décès de Jackson, les accusations d’abus sexuels n’ont pas disparu, mais ont évolué. Les lois sur la prescription ont changé, permettant des poursuites qui auraient été impossibles il y a encore quelques années. La succession de Jackson, estimée à plusieurs milliards de dollars, représente un enjeu financier immense.

Ce tournant intervient dans un contexte particulier, alors qu’un biopic sur Michael Jackson rencontre un succès commercial. Cependant, la propre fille du chanteur a refusé de soutenir ce film, illustrant un malaise croissant autour de l’image de son père.

Les accusations des Cascio, de fervents défenseurs à plaignants, mettent en lumière la complexité des dynamiques d’emprise et de manipulation. Trente ans après les premières allégations, les voix qui s’élèvent aujourd’hui rappellent que les victimes, même celles qui étaient autrefois des alliées, peuvent à leur tour dénoncer les abus qu’elles ont subis.