Les compléments alimentaires : un allié efficace pour réguler la glycémie ?

Les promesses des compléments alimentaires en matière de gestion de la glycémie suscitent un intérêt croissant. Ces solutions, souvent présentées comme naturelles, se basent sur des ingrédients tels que le chrome, la cannelle ou la feuille de mûrier blanc, et prétendent aider à mieux contrôler l’absorption des sucres. Mais qu’en est-il réellement de leur efficacité ?

EN BREF

  • Les compléments alimentaires promettent de réguler la glycémie, mais leur efficacité est limitée.
  • La berbérine et la cannelle montrent des effets positifs, mais ne remplacent pas un mode de vie sain.
  • Une alimentation équilibrée et l’activité physique restent les clés pour un bon contrôle de la glycémie.

Les experts soulignent que la berbérine, un alcaloïde issu de plusieurs plantes comme l’épine-vinette, peut jouer un rôle positif dans la réduction du taux de sucre dans le sang, surtout lorsqu’elle est prise à des doses supérieures à 400 mg par jour. Cette substance est particulièrement vantée, non seulement pour son effet hypoglycémiant, mais aussi pour sa capacité à améliorer la sensibilité à l’insuline, un élément crucial pour les personnes atteintes de diabète.

La cannelle possède également des propriétés intéressantes, capable d’augmenter la sensibilité à l’insuline. Toutefois, pour que son impact soit significatif, il est recommandé de suivre un traitement prolongé avec des doses adéquates. Bien qu’elle puisse aider à limiter les élévations rapides du taux de sucre après les repas, elle ne constitue pas une solution suffisante pour les personnes diabétiques cherchant à maîtriser leur maladie.

À l’inverse, le chrome, largement mis en avant par les fabricants de compléments, ne semble guère utile. Ni chez les diabétiques, ni chez les individus cherchant à prévenir les pics de glycémie, son efficacité n’est pas prouvée. D’autres ingrédients comme le mûrier blanc ou le gymnema sylvestre n’ont pas non plus démontré de résultats probants dans la régulation de la glycémie, laissant place à des études souvent contradictoires.

Les spécialistes, tels que le Dr Hervé Nys, endocrinologue et diabétologue, recommandent de se concentrer sur une alimentation équilibrée plutôt que de recourir aux compléments. En effet, certains nutriments ont un impact significatif sur le métabolisme du glucose. Les fibres, par exemple, stimulent la sécrétion de peptides digestifs qui améliorent la réponse du pancréas à l’insuline. De plus, des éléments comme les oméga-3 et des antioxydants tels que la quercétine, présente dans les agrumes, et le resvératrol, que l’on trouve dans les baies, contribuent également à une meilleure sensibilité à l’insuline.

Le Pr Eric Renard, chef du service d’endocrinologie-diabétologie au CHU de Montpellier, abonde dans ce sens. Il souligne que les compléments alimentaires, bien qu’ils soient souvent perçus comme des solutions pratiques, n’apportent pas de résultats tangibles dans la régulation de la glycémie des personnes diabétiques. Au contraire, la berbérine peut même poser un risque d’hypoglycémie pour ceux qui sont sous traitement avec des sulfamides hypoglycémiants ou de l’insuline.

Le véritable enjeu réside dans une modification du mode de vie, incluant une alimentation moins riche en sucres et graisses, ainsi qu’une activité physique régulière. Par exemple, marcher après les repas a prouvé son efficacité pour diminuer la glycémie. Des études ont même montré qu’une approche combinant des mesures alimentaires et l’exercice physique peut réduire de 60 % le risque de progression vers un diabète de type 2 chez les personnes pré-diabétiques.

En somme, bien que les compléments alimentaires puissent sembler attrayants, ils ne doivent pas remplacer des habitudes de vie saines. La clé pour une gestion efficace de la glycémie demeure l’adoption d’un régime alimentaire équilibré et d’une activité physique suffisante.