À l’aube de la retraite, de nombreux futurs retraités envisagent de rénover leur salle de bain pour qu’elle soit plus adaptée à leur quotidien. Marta Castellano-Mas, décoratrice d’intérieur espagnole spécialisée dans la rénovation de maisons anciennes, met l’accent sur l’importance de concevoir cet espace non seulement pour son esthétique, mais aussi pour sa fonctionnalité et sa sécurité.
EN BREF
- Les douches doivent être de plain-pied pour éviter les risques de chute.
- Des équipements tels que barres d’appui et sièges muraux sont essentiels.
- Des aides financières sont disponibles pour la transformation des salles de bain.
La salle de bain est reconnue comme l’une des pièces les plus sujettes aux accidents une fois que l’on atteint l’âge de 60 ans. Cela est particulièrement vrai lorsque la mobilité diminue et que la vue faiblit. À cet égard, un simple détail architectural peut faire toute la différence entre un espace convivial et un lieu à risque. Marta Castellano-Mas insiste sur un point essentiel : « Les douches pour la retraite doivent être au ras du sol. Mieux vaut éviter un bac surélevé ou avec un bord », a-t-elle déclaré dans une récente interview.
Les experts en aménagements adaptés pour les seniors recommandent d’opter pour une douche à l’italienne, qui se caractérise par son accès de plain-pied, sans marche, et dotée d’une légère pente pour diriger l’eau vers l’évacuation. Pour assurer une accessibilité optimale, une largeur d’accès d’au moins 90 cm est conseillée, le ressaut devant idéalement être compris entre 0 et 2–3 cm. En effet, l’obligation d’installer des douches de plain-pied dans de nombreux logements neufs depuis 2021 témoigne d’une évolution dans les normes de construction.
Au-delà de l’absence de marche, il est crucial de penser aux équipements de sécurité. Les spécialistes de l’aménagement des douches pour personnes à mobilité réduite recommandent l’installation de barres d’appui, de sièges muraux et d’une robinetterie facile d’accès. Ces douches sont conçues pour garantir la sécurité et le confort des utilisateurs grâce à des caractéristiques adaptées, comme des sièges rabattables et des pommes de douche réglables en hauteur.
En termes de budget, la transformation d’une baignoire en douche sécurisée représente un coût situé entre 3 000 et 9 000 euros, incluant la fourniture et la pose. Pour faciliter cette transition, « Ma Prime Adapt’ » offre depuis le 1er janvier 2024 une subvention plafonnée à 15 000 euros, gérée par l’ANAH. Cette aide peut couvrir entre 50 et 70 % des travaux pour les seniors, mais un reste à charge subsiste, pouvant être complété par un crédit d’impôt ou d’autres aides.
Marta Castellano-Mas adopte une approche harmonieuse dans ses projets, intégrant la sécurité à l’esthétique. Par exemple, elle privilégie un sol continu en microciment ou en grand carrelage, s’étendant du couloir à la douche, afin d’éliminer toute rupture de niveau. Les matériaux texturés et les parois de douche sans rails à enjamber sont des choix judicieux. De plus, les barres d’appui sont souvent choisies avec soin, traitées comme des éléments de design, que ce soit en noir mat ou en inox brossé, contrastant avec le reste des murs.
Pour préparer sa salle de bain en vue de la retraite, il est conseillé de poser les bonnes questions à son architecte ou à un artisan qualifié, comme ceux de la CAPEB ou Handibat. Ces échanges peuvent garantir que les choix effectués seront à la fois esthétiques, fonctionnels et sécurisés.