Lorsque le ciel est couvert, beaucoup d’entre nous pensent être à l’abri des rayons du soleil. Pourtant, ce constat est trompeur et peut avoir des conséquences désastreuses pour la peau. Chaque été, des millions de personnes subissent des coups de soleil, même sans une seule lueur de soleil à l’horizon. Cette situation mérite une attention particulière, car les nuages ne protègent pas autant qu’on pourrait le croire.
EN BREF
- Les nuages laissent passer jusqu’à 80 % des rayons ultraviolets.
- Une exposition prolongée par temps nuageux peut entraîner des coups de soleil sévères.
- Les recommandations de protection solaire s’appliquent même par temps couvert.
Les nuages ordinaires, souvent perçus comme de simples barrières à la lumière du soleil, ne filtrent que 20 à 25 % des rayons ultraviolets (UV). En d’autres termes, jusqu’à 80 % des UV peuvent atteindre votre peau, et ce, même lorsque le ciel est gris et maussade. Ce phénomène est particulièrement déroutant, car il ne se manifeste pas par une sensation de chaleur. Les nuages bloquent les infrarouges, la partie du spectre solaire que l’on ressent comme une chaleur, laissant les UV agir en silence.
Selon l’Organisation mondiale de la Météorologie, les différents types de nuages ont des effets variés sur la filtration des UV. Par exemple, les nuages cirrus ne filtrent que 5 à 10 % des UV, tandis que les cumulus blancs ne stoppent que 20 à 30 % des rayons nocifs. En revanche, les cumulonimbus, ces gros nuages d’orage, peuvent bloquer jusqu’à 90 % des UV. Cependant, ces derniers ne sont pas souvent associés à des journées ensoleillées propices à la bronzette.
Les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé sont claires : un indice UV de 3 ou plus nécessite une protection solaire, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. En France, durant l’été, cet indice peut atteindre des niveaux alarmants de 8 à 10, même sous un ciel nuageux.
Une étude parue dans le Journal of Investigative Dermatology a révélé que des coups de soleil graves se produisent fréquemment lors de journées nuageuses, en grande partie parce que les gens baissent leur garde. Ce phénomène est désigné par les dermatologues comme l’« effet de fausse sécurité nuageuse ». Cette méprise est l’une des principales causes des brûlures UV inattendues, particulièrement dans les régions du nord de l’Europe.
La neige, quant à elle, aggrave encore la situation. Elle peut réfléchir jusqu’à 85 % des UV, ce qui signifie qu’un skieur sous un ciel couvert subit une double exposition. Ce qui paraît être une journée fraîche et grise peut en réalité être tout aussi dangereux qu’une journée ensoleillée sur une plage tropicale.
Le mythe selon lequel le soleil ne présente pas de danger par temps nuageux est enraciné dans une perception erronée. Dès l’enfance, nous associons soleil et chaleur. Quand le temps est frais, notre cerveau conclut logiquement que le risque d’exposition est faible. Cependant, cette intuition est trompeuse.
Les dommages causés par les UV sont cumulatifs et peuvent se manifester des années plus tard sous forme de taches cutanées ou de vieillissement prématuré de la peau. Les UV ne produisent aucune sensation de douleur ou de chaleur, ce qui les rend insidieux. Ainsi, même en étant à l’abri des rayons directs du soleil, il est crucial d’utiliser une protection solaire adéquate.
La bonne nouvelle est que la solution est simple. L’application d’une crème solaire avec un indice de protection de 30 à 50, même par temps nuageux, est suffisante pour bloquer l’essentiel des UV. La prochaine fois que vous entendez quelqu’un affirmer qu’il n’y a pas de danger sous un ciel couvert, vous pourrez lui rappeler que, en matière de protection solaire, la prudence est toujours de mise.