À l’approche de l’été, les dermatologues et chercheurs alertent sur les risques liés à l’exposition au soleil. Malgré une sensibilisation accrue, de nombreuses idées reçues persistent concernant le bronzage et les ultraviolets (UV). Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en France au cours des trente dernières années. Cette tendance alarmante coïncide avec la semaine de prévention des cancers cutanés, qui se déroule du 25 au 31 mai.
EN BREF
- Le nombre de cas de cancers de la peau a triplé en 30 ans en France.
- Les coups de soleil sont des brûlures qui augmentent le risque de cancer.
- Des mesures de protection contre le soleil sont recommandées par les spécialistes.
Chaque année, entre 141 200 et 243 500 cancers de la peau sont diagnostiqués, selon les données de Santé publique France. Ce constat alarmant est renforcé par le Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV), qui souligne que 90 % des cancers cutanés diagnostiqués sont des carcinomes cutanés, tandis que les cas de mélanome ont été multipliés par cinq. Ces chiffres mettent en lumière l’urgence d’une prise de conscience collective face aux dangers du soleil.
Malgré les efforts de prévention, de nombreux Français persistent à adopter des comportements à risque. D’après le SNDV, 74 % des personnes interrogées ne se protègent pas systématiquement du soleil lors de leurs activités en extérieur. Pourtant, les rayons UV sont la principale cause des cancers cutanés. Pour le Pr Stéphane Dalle, dermatologue aux Hospices civils de Lyon, les coups de soleil ne doivent pas être pris à la légère. Ils représentent une véritable brûlure qui entraîne des dommages cellulaires.
Les expositions répétées aux UV peuvent provoquer des mutations de l’ADN, augmentant ainsi le risque de développer un cancer cutané, notamment à un âge avancé. Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables ; les coups de soleil subis durant ces périodes augmentent les risques à long terme.
Le bronzage, souvent perçu comme un signe de santé, est en réalité une réaction de défense de la peau face aux UV. L’idée que le bronzage progressif serait sans danger est une notion erronée. Chaque exposition au soleil, même sans coup de soleil visible, entraîne des agressions sur les cellules cutanées.
Les cabines UV, souvent utilisées pour « préparer » la peau avant l’été, sont également à proscrire. Malheureusement, 20 % des Français croient encore en leur innocuité. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé ces dispositifs comme cancérogènes, soulignant les dangers qu’ils représentent.
Il est également important de rappeler que les nuages ne filtrent pas complètement les rayons UV. Même par temps couvert, un coup de soleil peut survenir, notamment en raison de la réverbération sur des surfaces comme le sable ou l’eau.
Pour limiter les risques, les dermatologues recommandent d’éviter l’exposition au soleil entre 12 h et 16 h, de porter des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil, ainsi que d’utiliser une protection solaire adaptée. En cas de coup de soleil, il est crucial de connaître les bonnes pratiques pour apaiser la peau.
Le SNDV encourage les Français à surveiller régulièrement leur peau et leurs grains de beauté. Une méthode simple consiste à photographier ces derniers pour observer les changements au fil du temps. Toute évolution suspecte doit inciter à consulter un médecin rapidement.
Les idées reçues sur le bronzage et les UV représentent un véritable danger pour la santé publique. Une meilleure sensibilisation et des comportements préventifs sont essentiels pour freiner la progression des cancers de la peau et protéger les générations futures.