Dans de nombreux jardins du Sud des États-Unis, les plates-bandes surélevées rencontrent des problèmes souvent méconnus. Le bois se déforme, le sol se sature d’eau et les récoltes, notamment de tomates, stagnent alors qu’elles semblaient prometteuses. Ces désagréments sont accentués par la chaleur intense et les pluies soudaines qui révèlent les défauts de conception. Pourtant, en apparence, une solution bon marché se présente dans les grandes surfaces de bricolage : un rouleau de paillage noir, vendu pour environ 5 dollars, qui promet de réduire les mauvaises herbes et d’améliorer le drainage.
EN BREF
- Un rouleau de paillage bon marché peut gravement endommager les bacs surélevés.
- La toile plastique retient l’eau et crée un environnement hostile pour les racines.
- Des alternatives comme le carton ou le paillis organique assurent une meilleure santé du sol.
Dans des États comme le Texas, la Géorgie ou l’Alabama, cette toile de paillage, bien que séduisante sur le papier, devient un véritable fléau. En effet, elle ne permet pas au sol de respirer. Elle empêche l’eau de pluie d’infiltrer le sol, provoquant une accumulation néfaste qui maintient les racines immergées, ce qui est particulièrement préjudiciable pour les légumes comme les tomates et les poivrons.
De plus, la couleur noire du plastique absorbe la chaleur, exacerbant la température déjà élevée des bacs surélevés. L’environnement ainsi créé devient peu propice à la vie microbienne nécessaire à la décomposition de la matière organique, transformant le bac en un véritable « four » peu profond. Cela entraîne une pression interne accrue, déformant les structures en bois et compromettant leur intégrité.
Un sol sain est riche en organismes vivants tels que des vers de terre, des champignons et des bactéries bénéfiques. Ces éléments sont essentiels pour maintenir un écosystème équilibré. En ajoutant une toile de paillage, ce lien vital entre le sol et les racines est rompu. Les vers ne peuvent plus remonter et les communautés microbiennes perdent leur connexion avec le sol, ce qui appauvrit graduellement la terre.
La matière organique agit également différemment dans cet espace confiné. Au lieu de permettre aux racines de descendre profondément dans le sol, la toile les contraint à évoluer dans un espace restreint, ce qui entraîne une baisse du niveau de terre chaque saison. Les jardiniers, pensant bien faire, ajoutent sans cesse de la terre, ignorant que le problème trouve son origine dans cette couche de plastique. En outre, les mauvaises herbes continuent à germer, car les graines transportées par le vent ou les oiseaux réussissent à se frayer un chemin à travers les perforations de la toile.
Pour éviter ces désagréments, de nombreux experts suggèrent d’utiliser des matériaux plus naturels. Par exemple, poser du carton ou plusieurs couches de journaux au fond d’un nouveau bac peut s’avérer plus efficace. Ces matériaux, qui se décomposent au fil du temps, permettent aux racines d’accéder au sol et favorisent le retour des vers et des microbes, tout en facilitant l’évacuation de l’eau.
Il est également crucial de prêter attention à la surface des bacs. Un paillis organique, composé de paille, de feuilles broyées ou de copeaux de bois non traités, peut limiter la germination des mauvaises herbes en privant le sol de lumière. En se dégradant, ce paillis nourrit la faune du sol et améliore la structure du sol. Un désherbage manuel régulier ou un simple coup de houe suffisent souvent à maintenir un jardin en bonne santé, sans les coûts cachés associés à une toile de paillage bon marché.
En somme, un bac surélevé durable doit rester ouvert vers le bas, bien drainé et soutenu par une vie microbienne dynamique, plutôt que d’être confiné par une barrière plastique. Cette approche respectueuse de l’écosystème assure non seulement une meilleure santé des plantes, mais également une expérience de jardinage plus agréable et fructueuse.