Le mardi 8 septembre, lors d’un discours en amont des commémorations du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, Donald Trump a suscité une vive controverse avec un récit qu’il a attribué à son vécu ce jour-là. Le président américain a évoqué une expérience personnelle qui, selon la presse américaine, est qualifiée de « trompeuse » voire de mensongère.
EN BREF
- Donald Trump a fait des déclarations mensongères sur son expérience du 11 septembre.
- Les médias américains contestent ses affirmations, le qualifiant de « menteur compulsif ».
- Les réactions des politiques montrent un large consensus contre ses propos.
Dans son discours, Donald Trump a affirmé avoir été évacué en urgence en raison d’un bâtiment menaçant de s’effondrer, insinuant que cela s’était produit le jour des attaques. « J’étais en train de construire un grand immeuble à New York, et j’ai emmené toute l’équipe sur place juste après ce qui s’était passé », a-t-il déclaré, évoquant sa proximité avec le « United States Steel Building », aujourd’hui connu sous le nom de One Liberty Plaza.
Ce bâtiment, situé à proximité immédiate du World Trade Center, a effectivement subi des dommages importants lors des attaques. Cependant, les affirmations de Trump concernant sa présence sur les lieux ce jour-là ont été rapidement contestées par plusieurs médias, dont CNN, qui a souligné qu’il ne se trouvait pas dans la zone pendant l’attaque, ni plus tard dans la journée.
Les critiques de Trump n’ont pas tardé à affluer. Le gouverneur démocrate de l’Illinois, JB Pritzker, a qualifié le président de « menteur compulsif et narcissique », tandis que le sénateur démocrate de Californie, Alex Padilla, a affirmé que Trump agissait comme à son habitude en mentant. De même, Gavin Newsom, autre gouverneur démocrate, a fustigé la « répugnance » de mentir sur un sujet aussi délicat.
Les affirmations de Trump ne se limitent pas à des souvenirs personnels. Il a également prétendu avoir emmené des employés pour aider aux opérations de déblayage, une assertion qui a été mise en doute par Richard Alles, l’ancien chef des pompiers de New York, qui a déclaré ne jamais l’avoir vu sur le terrain à cette époque. Le New York Times a également rapporté qu’aucune preuve ne soutient l’idée qu’il a été escorté par des pompiers au One Liberty Plaza.
Ce récit de Trump a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique américaine, y compris chez certains républicains. Le sénateur Ted Cruz a simplement déclaré qu’il s’agissait d’événements qui avaient eu lieu « il y a 25 ans », suggérant ainsi qu’il ne croyait pas aux souvenirs de Trump.
Le malaise provoqué par ses déclarations a conduit Trump à se défendre sur son réseau social Truth Social, où il a affirmé qu’il était bel et bien présent sur les lieux, mais pas le jour même des attentats. Il a accompagné son message d’une vidéo, prétendant montrer sa présence après la catastrophe, tout en répondant à des questions de journalistes.
Les événements du 11 septembre représentent une période sombre et tragique de l’histoire américaine. Le fait que le président actuel s’approprie cette mémoire suscite donc une indignation légitime. Les questions soulevées par ses déclarations mettent en lumière la nécessité d’une réflexion sérieuse sur la manière dont les figures publiques utilisent leur statut pour raconter l’histoire, surtout lorsqu’il s’agit de tragédies nationales.
Alors que les commémorations approchent, il reste à voir comment ces controverses influenceront la perception publique de Donald Trump et son héritage en tant que président.