Le 20 février 2026, l’ex-Miss France Delphine Wespiser a suscité une vive controverse en abordant les effets du jeûne sur le cancer dans l’émission TBT9. Ses propos, qui affirmaient qu’un jeûne de trois jours pourrait aider à détruire les cellules cancéreuses, ont été largement critiqués par des téléspectateurs et des experts. Cette polémique soulève des questions cruciales sur la relation entre le jeûne et la santé, en particulier dans le cadre du cancer.
EN BREF
- Delphine Wespiser affirme que le jeûne détruit les cellules cancéreuses.
- Des experts mettent en garde contre les dangers de ses déclarations.
- Les recherches actuelles ne soutiennent pas les bénéfices du jeûne contre le cancer.
Lors de sa prise de parole sur le plateau de TBT9, Delphine Wespiser a déclaré : « Si on ne mange rien pendant 3 jours, ça veut dire un vrai jeûne. À partir de trois jours, le corps passe en autophagie, ce qui signifie qu’il va manger et détruire toutes les cellules qui ne sont pas bonnes, toutes les cellules cancéreuses. » Cette affirmation a provoqué une réaction immédiate des téléspectateurs, certains appelant l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) à prendre position sur cette question.
Dans les jours qui ont suivi, la controverse a été examinée sur le plateau de l’émission, où plusieurs chroniqueurs, dont Valérie Benaïm, ont souligné l’importance de la prudence dans de telles déclarations. Ils ont rappelé que Wespiser avait « oublié les précautions d’usage » en faisant des déclarations qui pourraient induire en erreur.
En dépit des critiques, Delphine Wespiser a maintenu ses propos. Sur les réseaux sociaux, elle a exprimé sa frustration face à ce qu’elle considère comme des polémiques injustifiées, tout en partageant des publications d’internautes soutenant ses idées. L’une de ces publications affirmait que le jeûne est « l’une des meilleures préventions du cancer », citant le prix Nobel de médecine remporté par Yoshinori Ohsumi en 2016 pour ses travaux sur l’autophagie.
Cependant, il est essentiel de clarifier les faits scientifiques entourant le jeûne. En 2022, l’AFP Factuel a examiné des affirmations similaires concernant les bienfaits du jeûne pour des maladies graves comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer. Patrice Codogno, directeur de recherche à l’Inserm, a précisé que bien que Yoshinori Ohsumi ait reçu le prix Nobel pour ses recherches sur l’autophagie, il n’a jamais étudié ce processus en rapport avec des conditions pathologiques humaines.
Les effets du jeûne sur le cancer ont fait l’objet de plusieurs études. Un rapport du réseau Nutrition Activité physique Cancer Recherche (NACRe) de 2017 a noté que de nombreuses recherches avaient été réalisées sur des modèles murins, dont les résultats ne sont pas directement applicables à l’Homme. L’Institut national du cancer (INca) a résumé ces travaux en déclarant qu’il n’était pas possible de conclure sur l’efficacité du jeûne en tant que prévention ou traitement du cancer.
Les conclusions de ces études mettent également en évidence les risques potentiels liés au jeûne, notamment l’amaigrissement et la dénutrition, qui peuvent affaiblir le système immunitaire et réduire l’efficacité des traitements anticancéreux. L’INCa a averti que ces facteurs pourraient même conduire à des complications graves, voire au décès des patients.
La controverse soulevée par les propos de Delphine Wespiser illustre l’importance de baser les discussions sur des faits scientifiques solides, surtout lorsqu’il s’agit de santé publique. Le jeûne, bien que souvent présenté comme une méthode de détoxification, doit être abordé avec prudence, en particulier chez les personnes atteintes de maladies graves telles que le cancer.