Le gouvernement français a annoncé une transformation significative des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), en les rebaptisant « Maisons France Autonomie » d’ici 2027. Cette initiative vise à modifier la perception du vieillissement et à améliorer l’image de ces structures souvent critiquées, notamment après les révélations autour du groupe Orpea en 2022.
EN BREF
- Les Ehpad seront renommés « Maisons France Autonomie » d’ici 2027.
- Cette réforme vise à redorer l’image des établissements après des crises de maltraitance.
- Des critères supplémentaires seront nécessaires pour obtenir le nouveau label.
Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a précisé que ce changement est également un moyen de répondre aux attentes d’un public désireux d’améliorer la qualité de vie des résidents. En effet, les Ehpad, créés en 2002, ont souffert d’une image ternie par la crise du Covid-19 et les scandales de maltraitance, notamment ceux liés à l’ancien géant Orpea, désormais connu sous le nom d’Emeis.
Actuellement, la France compte environ 7.500 Ehpad. Selon la Haute Autorité de santé, la qualité de l’accompagnement est jugée globalement « satisfaisante », bien qu’il subsiste des « fragilités ». Dans ce cadre, le gouvernement prévoit également une conférence nationale de l’autonomie, qui débutera en septembre, pour discuter des enjeux liés à l’accompagnement des personnes âgées.
Le nouveau label « Maisons France Autonomie » introduira des critères supplémentaires pour les établissements souhaitant obtenir cette appellation. Parmi ces critères, l’obligation de proposer un accueil temporaire a été mentionnée par la ministre, ce qui pourrait rendre ces structures plus attractives et adaptées aux besoins des familles.
Les directeurs d’établissements semblent globalement favorables à cette évolution. Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, a exprimé son soulagement face à ce changement. Selon lui, il était temps pour l’État de modifier le nom de ces structures. Il considère que la suppression du terme « dépendance », jugé stigmatisant, au profit d' »autonomie » est une excellente initiative.
Cependant, certains professionnels du secteur restent sceptiques. Bernard De Lise, par exemple, souligne que sans un personnel soignant adéquat, l’autonomie des résidents ne pourra pas être réellement assurée. Cette préoccupation met en lumière un problème persistant : le manque de ressources humaines dans les Ehpad.
Les associations de défense des résidents expriment également leur inquiétude face à ce changement. Le président de l’association Marie-Louise a critiqué cette réforme en la qualifiant d’ »effet de manches ». Il met en avant le fait que, malgré un changement de nom, les conditions de vie des résidents demeurent inacceptables, avec des ratios de personnel inadaptés. Il rappelle que le Défenseur des droits recommande un ratio de huit professionnels pour dix résidents, alors que dans certains établissements, ce chiffre peut atteindre deux pour vingt-cinq.
Cette réalité soulève une question fondamentale : le changement de nomenclature suffira-t-il à améliorer le quotidien des aînés dans ces établissements ? Les professionnels et les familles s’interrogent sur l’impact réel de cette réforme sur la qualité des soins et le bien-être des résidents. Pour beaucoup, il est impératif d’aller au-delà des mots et d’agir concrètement pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées dans les Ehpad.
En somme, le passage des Ehpad aux Maisons France Autonomie pourrait être perçu comme un symbole de changement. Toutefois, pour que cette initiative ait un véritable impact, il sera crucial de répondre aux attentes en matière de personnel et de qualité de vie des résidents.