Les élèves français en chute libre au classement Pisa : une crise éducative alarmante

Les résultats des élèves français au classement Pisa continuent de s’effondrer, selon la dernière enquête internationale publiée en 2025. Ce constat s’avère particulièrement préoccupant, car les performances des jeunes Français n’ont jamais été aussi basses depuis le lancement de cette évaluation en 2000. En effet, malgré un positionnement encore dans la moyenne de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences, les scores affichent une chute significative.

EN BREF

  • Les performances des élèves français plongent au classement Pisa 2025.
  • La baisse des résultats concerne même les élèves favorisés.
  • Un appel à repenser l’éducation pour inverser cette tendance alarmante.

Les résultats de l’enquête, comparés à ceux de 2022, révèlent une chute de 4 points en sciences, 18 points en compréhension de l’écrit, et 16 points en mathématiques. L’OCDE estime qu’une diminution de 20 points correspond à environ une année de scolarité. En l’espace de 13 ans, les scores sont passés de 499 à 483 en sciences, de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en mathématiques.

Cécilia, professeur des écoles depuis 25 ans, témoigne de cette situation préoccupante. « C’est effrayant, c’est catastrophique, ça me fait peur », a-t-elle déclaré sur les ondes des Grandes Gueules. Elle souligne que malgré les efforts du système éducatif, comme le dédoublement des classes en CP, le manque de lecture à la maison chez les enfants demeure un obstacle majeur. Le soutien parental, selon l’OCDE, joue un rôle crucial dans la réussite scolaire, mais il semble en déclin, notamment en France.

Chris, un père de deux enfants, déplore également la qualité de l’enseignement. « Les jeunes reçoivent des polycopiés, on perd le sens de l’écriture et de l’orthographe avec des exercices qui sont des liens YouTube alors qu’on nous demande de limiter les temps d’écran », a-t-il exprimé sur RMC Story.

Benjamin Amar, enseignant, ajoute que les élèves semblent avoir perdu leur capacité de concentration. « Avant, ils regardaient chaque extrait de film avec intérêt. Maintenant, ils sont sur leur téléphone pendant le cours », a-t-il observé, soulignant aussi l’impact de l’absentéisme scolaire.

Les difficultés rencontrées par les élèves français, tout comme celles d’autres pays, se manifestent par une incapacité à répondre à des questions nécessitant des processus cognitifs complexes. Eric Charbonnier, représentant de l’OCDE, précise que les élèves ont plus de mal à traiter des textes longs et à maintenir leur attention.

Une tendance inquiétante se dessine : l’écart de performance entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés se réduit. Les résultats des élèves favorisés ont chuté, tandis que ceux des élèves défavorisés sont restés stables. En mathématiques, cette performance a diminué de 22 points chez les élèves les plus défavorisés et de 38 points chez les élèves favorisés.

Éric Charbonnier pointe du doigt les difficultés généralisées au sein du système éducatif, y compris chez les élèves favorisés. Depuis dix ans, le pourcentage d’élèves très performants a chuté de manière significative, atteignant seulement 5 % en mathématiques et en compréhension de l’écrit en 2025, contre respectivement 11 % et 13 % en 2015.

Une autre nouveauté inquiétante concerne la baisse de la compréhension de l’écrit chez les garçons des milieux favorisés. Cela pourrait être lié à l’essor de l’intelligence artificielle dans ces milieux, une hypothèse soulevée par Eric Charbonnier qui appelle à une utilisation modérée du numérique dans l’éducation.

Enfin, le rapport met en lumière une augmentation des absences de professeurs. En 2025, 45 % des chefs d’établissement déclarent manquer d’enseignants, contre 17 % en 2015. Cette situation met en lumière un problème structurel au sein de l’éducation française, où les ressources ne semblent pas être utilisées de manière optimale.

Malgré ces résultats alarmants, quelques éléments positifs émergent : les élèves français montrent une curiosité supérieure à la moyenne et apprécient les sciences. Il reste à espérer que ces éléments pourront être exploités pour inverser cette tendance inquiétante et redonner à l’éducation française la place qu’elle mérite.