Le 31 mars dernier, une large mobilisation des enseignants a eu lieu dans l’Éducation nationale, marquée par une grève significative. Cette action a été déclenchée par l’intersyndicale de l’Éducation nationale, qui regroupe plusieurs syndicats, dont le SNUipp-FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD. Les enseignants protestent contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, qui, selon eux, menacent la qualité de l’éducation en France.
EN BREF
- Mobilisation d’un quart des enseignants, avec des fermetures d’écoles à Paris.
- 4 000 suppressions de postes d’enseignants prévues pour la rentrée 2026.
- Sophie Binet de la CGT dénonce une catastrophe pour l’avenir éducatif.
Les chiffres avancés par les syndicats sont alarmants : près de 30 % des enseignants se sont déclarés en grève à Lyon et Créteil, tandis qu’à Paris, plus d’un enseignant sur trois s’est mobilisé. Les syndicats estiment qu’une centaine d’écoles étaient complètement fermées, illustrant ainsi l’ampleur de cette mobilisation.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a vivement critiqué les décisions gouvernementales. Elle a qualifié le non-remplacement des enseignants de « plaie » et de « catastrophe pour l’avenir ». Des milliers d’enseignants ne sont pas remplacés aujourd’hui, et cette situation pourrait avoir des conséquences néfastes sur le système éducatif français.
Le gouvernement, de son côté, justifie ces suppressions de postes par une chute démographique historique. Selon les autorités, cette baisse de la population scolaire justifie une réduction des effectifs enseignants. Cependant, Sophie Binet dénonce cette approche, qualifiant l’argument de « comptable ». Elle souligne que la baisse démographique devrait au contraire permettre d’améliorer le taux d’encadrement des élèves, contribuant ainsi à élever le niveau éducatif.
La question des salaires des enseignants a également été soulevée. Sophie Binet a rappelé que les enseignants français étaient parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE, et que leurs salaires avaient chuté de 25 % en vingt ans en raison du gel du point d’indice. Cette situation a conduit à une perte d’attractivité pour les métiers de l’enseignement, rendant difficile le recrutement de nouveaux enseignants.
Michaël Marcilloux, co-secrétaire général de la CGT Éducation, partage ce constat. Il souligne que de moins en moins de candidats souhaitent passer le concours de l’enseignement, une tendance qui pourrait avoir des répercussions à long terme sur l’éducation en France. Il évoque également la nécessité de renforcer le soutien aux jeunes, en particulier en matière d’éducation et de santé mentale.
Pour la CGT, il est crucial de repenser le budget de l’Éducation nationale, d’éviter les suppressions de postes et de réexaminer le fonctionnement du service public d’éducation. Une telle refonte est jugée nécessaire pour garantir un système éducatif vertueux et véritablement au service des élèves.