Les enseignants soutiennent la colère des lycéens face aux violences policières

Ce mardi 6 octobre 2026, des enseignants et des lycéens ont défilé ensemble dans les rues de France, unis par des revendications communes face à la répression policière. À Rennes, Magali Llavorie, professeur de mathématiques, a pris la parole pour dénoncer la violence à laquelle sont confrontés les jeunes manifestants.

EN BREF

  • Plus de 256 000 manifestants dans les rues de France, selon les autorités.
  • Les enseignants se joignent aux revendications des lycéens sur les conditions d’enseignement.
  • Critiques de la réponse policière jugée disproportionnée par les enseignants.

Le mouvement de contestation, qui a débuté il y a près de deux semaines, a pris de l’ampleur, rassemblant près de 450 000 personnes selon les organisateurs. Les enseignants, traditionnellement en retrait lors de telles manifestations, se sont cette fois-ci joints aux lycéens, créant une dynamique inédite. « Je soutiens à fond les lycéens, leurs revendications sont très légitimes », a déclaré Magali Llavorie, soulignant que les luttes des enseignants et des élèves sont en grande partie les mêmes.

Les manifestations ont été marquées par des préoccupations sur l’état du bâti scolaire, le manque de moyens et la perte de postes dans l’Éducation nationale. Ces sujets, qui préoccupent les enseignants depuis des années, sont désormais mis en lumière par la jeunesse. « Les conditions d’enseignement se dégradent depuis des décennies », a rappelé Hélène Le Verger, professeure d’EPS, qui a salué cette convergence des luttes entre générations.

Les revendications des manifestants incluent un meilleur financement pour l’Éducation nationale, un accès accru aux ressources médico-sociales et une attention portée à la santé mentale des jeunes, qui, selon eux, a été négligée par le gouvernement. « Il manque de psychologues, d’infirmières et de médecins scolaires. Les demandes des jeunes sont légitimes », a affirmé Magali Llavorie.

Les enseignants ont aussi pointé du doigt l’insalubrité de nombreux établissements scolaires, où des conditions inacceptables persistent. « Nous faisons cours dans des bâtiments vétustes ou mal rénovés, où il fait trop chaud ou trop froid », a-t-elle déploré. La réforme Blanquer, qui a alourdi les emplois du temps des élèves, a également suscité des critiques. « Les élèves ne peuvent pas rester assis pendant neuf heures d’affilée. C’est inacceptable », a ajouté une représentante CGT.

En dépit de la ferveur des revendications, la réponse de la police a suscité l’indignation. Les enseignants dénoncent des violences policières jugées excessives lors des manifestations. Laurent Advis Gaete, enseignant, a exprimé son désarroi face à cette répression. « Un État doit maintenir l’ordre, mais pas réprimer les idées », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de séparer les actes de violence des revendications légitimes des manifestants.

Les témoignages de violences policières à l’encontre des jeunes se multiplient, avec des incidents tragiques, notamment un jeune ayant perdu sa main à cause d’une grenade. Magali Llavorie a réagi avec émotion : « C’est trop jeune pour subir des violences policières de cette nature. La réponse de l’État est disproportionnée », a-t-elle souligné.

Hélène Le Verger a également partagé son indignation, rappelant que son propre père était policier et qu’il ne reconnaissait plus ses collègues. Elle a insisté sur l’importance de distinguer les actes des revendications, appelant à une réflexion sur la manière dont les jeunes sont traités lors de ces manifestations.

Alors que le mouvement continue de prendre de l’ampleur, il reste à voir comment les autorités répondront à ces revendications croissantes et comment le dialogue entre les enseignants, les lycéens et l’État évoluera.