Les entrepôts de Wildberries, cible des drones ukrainiens en pleine guerre

Cette semaine, l’Ukraine a intensifié ses actions militaires en visant spécifiquement les infrastructures de Wildberries, un géant russe de l’e-commerce. Lors d’une attaque récente, des drones ont frappé plusieurs entrepôts, causant des blessures et des dégâts matériels importants près de Saint-Pétersbourg et en Crimée.

EN BREF

  • Wildberries, surnommé « Amazon russe », est ciblé par des drones ukrainiens.
  • Des attaques ont causé des blessés et des destructions près de Saint-Pétersbourg.
  • Volodymyr Zelensky accuse Wildberries de soutenir l’effort militaire russe.

Wildberries, fondé en 2004 par Tatiana Kim, est devenu une plateforme incontournable en Russie, avec un réseau de distribution étendu qui couvre même les localités les plus reculées. L’entreprise, souvent qualifiée d’« Amazon russe », est connue pour sa large gamme de produits et ses livraisons rapides. Cependant, depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, elle a été accusée de jouer un rôle dans le contournement des sanctions occidentales en fournissant des biens indisponibles en Russie.

Les attaques de cette semaine ont marqué un tournant dans le conflit, avec des frappes visant des centres logistiques qui ont provoqué des incendies et fait trois blessés. L’un des entrepôts touchés se trouvait près de Saint-Pétersbourg, tandis qu’un autre a été frappé à Simféropol, une région annexée par la Russie en 2014. Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie ukrainienne plus large pour affaiblir les infrastructures militaires et commerciales russes.

Volodymyr Zelensky a affirmé que Wildberries était impliqué dans la fourniture de « composants de drones, d’équipements de navigation et de matériels militaires ». Ces accusations ont été vigoureusement niées par Moscou, qui dénonce une campagne de désinformation. Les analystes estiment que Wildberries collabore avec environ 800 000 commerçants, ce qui en fait un acteur clé de l’économie russe. Les entrepreneurs dont les produits ont été détruits dans les attaques expriment leur détresse sur les réseaux sociaux.

Kristina Cheloukhina, une entrepreneuse dont les livres et vêtements pour enfants ont été endommagés, a partagé son désespoir face à la situation : « Je ne sais pas quoi faire maintenant. Cette année a été difficile pour les entrepreneurs, et l’incendie a simplement porté le coup de grâce. » Ce témoignage illustre la souffrance des petites entreprises russes affectées par le conflit.

Les frappes sur les infrastructures civiles en Russie, y compris celles de Wildberries, s’inscrivent dans une campagne ukrainienne visant à forcer le Kremlin à négocier la fin de la guerre. En juin dernier, Zelensky avait annoncé une « opération de 40 jours » pour faire plier Vladimir Poutine, et les attaques se sont intensifiées, ciblant des installations critiques comme des raffineries et des terminaux pétroliers, entraînant des pénuries de carburant en Russie.

En parallèle, l’Ukraine a revendiqué plus d’une centaine d’attaques sur des navires cargo en mer d’Azov et en mer Noire, perturbant ainsi les voies d’exportation russes, notamment pour les produits agricoles. De son côté, la Russie a intensifié ses frappes sur des cibles en Ukraine, notamment la capitale Kiev et le port d’Odessa, aggravant ainsi le cycle de violence.

Cette escalade des hostilités souligne la complexité du conflit et les répercussions économiques pour les deux pays. Les actions militaires ukrainiennes contre des cibles comme Wildberries montrent une volonté de perturber les chaînes d’approvisionnement russes tout en suscitant des réactions sur le terrain.