Le 12 mars 2026, les États-Unis ont décidé de lever temporairement certaines des sanctions économiques imposées à la Russie, permettant ainsi la vente de pétrole russe stocké sur des navires. Cette mesure intervient alors que les revenus pétroliers et gaziers de Moscou ont atteint des niveaux historiquement bas depuis le début de la guerre en Ukraine.
EN BREF
- Les États-Unis autorisent temporairement la vente de pétrole russe jusqu’au 11 avril.
- Cette décision vise à répondre à une crise énergétique mondiale exacerbée par le blocage du détroit d’Ormuz.
- Le Kremlin a salué cette mesure, bien que les bénéfices pour Moscou soient jugés limités.
Dans un communiqué, le ministre des Finances américain, Scott Bessent, a précisé que cette autorisation, valable jusqu’au 11 avril, concerne le pétrole brut et les produits pétroliers chargés sur des navires avant le 12 mars. L’objectif de cette mesure est de « rajeunir l’offre mondiale », selon ses dires, tout en précisant qu’il s’agit d’une « mesure à court terme » et que cela ne rapportera pas de « bénéfices financiers significatifs » au gouvernement russe.
Cette décision intervient dans un contexte tendu, marqué par des frappes israélo-américaines en Iran qui ont perturbé le secteur énergétique et paralysé le détroit d’Ormuz, un point névralgique par lequel transite un cinquième du pétrole brut mondial. La semaine dernière, l’administration américaine avait également permis la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers l’Inde, illustrant ainsi une volonté d’assouplir les restrictions dans un contexte de crise croissant.
Kirill Dmitriev, l’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, a réagi en affirmant que le marché de l’énergie mondial « ne peut rester stable » sans le pétrole russe. Il a ainsi accentué la pression sur les États-Unis pour qu’ils envisagent de lever davantage de sanctions, alors que les prix de l’énergie continuent d’exploser depuis le début des conflits au Moyen-Orient.
Cependant, cette décision a suscité des préoccupations au sein des alliés occidentaux. Emmanuel Macron, lors d’une réunion du G7, a rappelé que le blocage du détroit d’Ormuz « ne justifie en aucun cas » une levée des sanctions contre la Russie. Le président français a souligné l’importance de maintenir la cohésion des efforts pour soutenir l’Ukraine, réaffirmant ainsi le consensus parmi les pays riches sur la nécessité de maintenir la pression sur Moscou.
La situation reste donc délicate pour les États-Unis, qui doivent jongler entre les impératifs économiques mondiaux et leur position ferme vis-à-vis de la Russie. Alors que les conséquences de la guerre en Ukraine continuent d’affecter le marché mondial de l’énergie, cette mesure pourrait être perçue comme une tentative de trouver un équilibre difficile entre des intérêts divergents.
La mise en œuvre de cette autorisation et son impact sur le marché mondial de l’énergie resteront à suivre de près dans les semaines à venir, alors que les acteurs économiques et politiques examinent les ramifications de cette décision sur la dynamique géopolitique actuelle.