Une nouvelle escalade des tensions s’est produite au Moyen-Orient avec les frappes aériennes israéliennes sur l’aéroport militaire d’Abou Dhouhour, en Syrie. Les États-Unis et Damas ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une agression injustifiée de la part d’Israël.
EN BREF
- Les États-Unis condamnent les frappes israéliennes sur un aéroport syrien.
- Damas qualifie l’attaque d’agression injustifiée.
- Israël n’a pas réagi à ces accusations pour le moment.
Le mardi 3 octobre, Tom Barrack, l’envoyé spécial du président américain en Syrie, a exprimé la préoccupation des États-Unis concernant ces frappes. Il a qualifié ces actions de « nouvelle escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale ». Cette déclaration survient après que des avions israéliens ont ciblé la base aérienne d’Abou Dhouhour, en cours de réhabilitation avec l’aide de la Turquie, selon des sources d’ONG.
En réponse aux frappes, le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé « dans les termes les plus forts » ce qu’il considère comme une « agression injustifiée ». Des sources militaires syriennes rapportent que les avions israéliens ont mené des frappes sur la piste de l’aéroport, entraînant des dommages matériels sans faire de victimes. Damas a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre position contre ces violations répétées de la souveraineté syrienne.
Depuis le renversement du président Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël a intensifié ses frappes sur le territoire syrien, considérant certaines zones comme des menaces potentielles. Les forces israéliennes ont également été déployées dans une zone tampon surveillée par l’ONU, séparant les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan. Israël justifie sa présence par la nécessité de maintenir une « zone de sécurité » dans cette région instable.
La base d’Abou Dhouhour, qui a subi d’importants dégâts durant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012. Actuellement, elle est protégée par les forces du ministère syrien de la Défense. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rapporté que ces frappes sont survenues peu après la visite d’une délégation militaire turque à l’aéroport, dans le cadre des efforts pour le remettre en service. Les relations entre la Turquie et Israël sont particulièrement tendues depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, ce qui renforce l’alliance entre la Turquie et les autorités syriennes actuelles.
La Syrie a régulièrement condamné les opérations israéliennes sur son sol et a exigé le retrait des troupes israéliennes. Toutefois, le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a réaffirmé la semaine dernière que les forces israéliennes continueraient d’opérer dans la région. Malgré ces tensions, des pourparlers ont eu lieu entre Israël et les nouvelles autorités syriennes, avec un accord sur la mise en place d’un mécanisme de partage de renseignements.
Les événements récents soulignent la complexité de la situation au Moyen-Orient, où les intérêts géopolitiques se croisent et où des actions militaires peuvent rapidement entraîner une escalade des conflits. La communauté internationale suit de près ces développements, conscients des conséquences potentielles sur la stabilité régionale.