Les États-Unis pressent l’Europe à puiser dans ses réserves de diesel face à la crise

Ce vendredi 2 octobre, les pays de l’Union européenne se réunissent pour trouver une réponse collective à l’augmentation des prix du diesel, exacerbée par les demandes des États-Unis. Ces derniers accusent le continent de ne pas agir suffisamment pour stabiliser le marché mondial du carburant. En attendant, Washington propose une solution : puiser dans les réserves de gazole des pays européens.

EN BREF

  • Les États-Unis demandent à l’Europe d’utiliser ses réserves de diesel.
  • Les prix du gazole atteignent des sommets historiques en Europe.
  • Une réunion d’urgence de l’UE se tient pour aborder la crise énergétique.

Scott Bessent, ministre américain des Finances, a souligné sur X que les partenaires européens doivent accélérer la mise en œuvre de leurs engagements et mettre à disposition des volumes supplémentaires de diesel pour faire face aux perturbations. Son collègue, Chris Wright, ministre de l’Énergie, a également insisté sur la nécessité d’une coordination des stocks de diesel à l’approche de l’hiver.

Les déclarations américaines témoignent d’un ton plus pressant que celui du président Donald Trump, qui avait évoqué une possible demande aux Européens d’utiliser leurs réserves. Lors d’une visite au Texas, il avait affirmé que l’Europe disposait de gazole, mais sans insistance. À présent, la situation semble avoir évolué.

D’après des sources, le gouvernement américain souhaite que des pays comme la France et l’Allemagne libèrent des quantités de gazole de leurs réserves stratégiques, comme cela a été fait précédemment avec le pétrole brut. En cas de non-respect, Washington envisagerait d’interdire l’exportation de diesel américain, un scénario redouté par le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qui a averti des conséquences économiques désastreuses pour l’Europe.

Malgré ces tensions, Jamieson Greer, représentant américain au commerce, a noté qu’il existe une volonté des deux parties de collaborer pour résoudre cette crise. Nicolas Forissier, ministre français du Commerce extérieur, a souligné la nécessité d’un dialogue constructif et d’éviter des mesures qui pourraient être perçues comme brutales.

La crise du diesel est exacerbée par des facteurs géopolitiques, tels que le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran et les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes. Bien que les raffineries dans d’autres régions du monde fonctionnent à plein régime, la production de diesel reste pénalisée.

Aux États-Unis, le prix du gazole a atteint un niveau record de 6,53 dollars le gallon à la fin septembre. Cette augmentation des coûts pèse sur les agriculteurs, les transporteurs routiers et les entreprises, selon Scott Bessent, qui a insisté sur le fait qu’ils ne devraient pas être les seuls à faire face aux répercussions d’une pénurie mondiale de diesel.

En comparaison, le prix du gazole américain, équivalent à environ 1,53 euro le litre, est significativement inférieur à celui pratiqué en Europe, où le prix a atteint des sommets inédits. En effet, une réunion d’urgence de la Commission européenne avec les États membres aborde ce sujet critique, alors que le prix du gazole dans l’Union européenne a atteint une moyenne de 2,24 euros le litre. En France, il a culminé à près de 2,41 euros le litre en septembre, un chiffre alarmant pour les consommateurs.

Alors que les États-Unis et l’Europe se confrontent à cette crise énergétique, la situation révèle les défis complexes liés à la dépendance énergétique et à la nécessité d’une coopération internationale pour stabiliser les marchés. Les décisions prises lors de cette réunion pourraient avoir des répercussions significatives sur l’économie mondiale et la vie quotidienne des citoyens.